Des tronçons de la route 317 sont toujours «dangereux», selon le maire de Saint-Sixte, André Bélisle.
Des tronçons de la route 317 sont toujours «dangereux», selon le maire de Saint-Sixte, André Bélisle.

Pavage de la route 317: Saint-Sixte porte plainte au MTQ

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
La Municipalité de Saint-Sixte, dans la Petite-Nation, a porté plainte auprès du ministère des Transports du Québec (MTQ) en lien avec des travaux d’asphaltage de la route 317 qui ont été effectués au printemps dernier et que les élus jugent comme étant «incomplets».

Le conseil municipal de Saint-Sixte a adopté une résolution en ce sens à son assemblée du mois d’août, a confirmé au Droit le maire de la petite localité, André Bélisle.

Le MTQ a procédé au printemps à des travaux de réparation sur la route 317, sur le tronçon situé entre la rue du Vieux-Moulin, à Saint-Sixte, et la montée Labelle, à Ripon, pour des questions de sécurité. Or, selon le maire Bélisle, le chantier de près de quatre kilomètres a été littéralement «baclé» par les employés du ministère.

«Le but de la plainte est de dire au MTQ que le tronçon est encore dangereux. On estime que ça aurait dû être mieux réparé. Les gens qui arrêtent chez nous, dans nos commerces, on entend juste parler de ça. Les gens n’en reviennent pas à quel point ça fait dur», déplore M. Bélisle.

«C’est du patchage qu’ils ont fait. Les accotements de la route n’ont même pas été réparés. On a beaucoup de bicyclettes qui empruntent la 317 pour se rendre vers Chénéville et ensuite descendre vers Montebello. Je ne comprends pas qu’on a 1,5 mètre d’accotement de chaque côté, entre Thurso et le pont à Saint-Sixte, mais une fois rendu chez nous et jusqu’à Ripon, c’est inachevé», ajoute-t-il.


« On a l’impression que le MTQ a abandonné l’entretien de nos routes depuis longtemps. »
André Bélisle, maire de Saint-Sixte

Ce dernier souligne que la réfection de la route 317 est réclamée depuis déjà longtemps. La voie publique dans ce secteur est tellement dans un piètre état que le nombre de véhicules qui l’emprunte a diminué au fil des dernières années, dit-il, ajoutant que c’est l’économie de Saint-Sixte qui subit les contrecoups de cette situation.

«Il y a beaucoup de gens qui passent par ici pour aller à Lac-Simon ou Montpellier, mais beaucoup de personnes décident maintenant d’emprunter un autre chemin pour se rendre dans le nord. C’est une chaîne. Si les gens ne passent pas par la 317, ils n’arrêtent pas chez nous à Saint-Sixte et Ripon et ce sont nos commerçants qui ressentent les contrecoups. La route est tout simplement dangereuse. Le pavé est morcelé en dehors de la ligne blanche du côté. On a eu des crevaisons à cause de l’état de la route. [...] Tant qu’à faire une job, pourquoi ne pas la faire comme il faut? On a l’impression que le MTQ a abandonné l’entretien de nos routes depuis longtemps», peste le maire.

Celui-ci souligne que la situation de la réfection des routes numérotées dans la MRC de Papineau s’est détériorée depuis les dernières années en raison notamment de la centralisation des décisions du MTQ qui se fait au centre de services situé à Gatineau, dans le secteur Hull. Plus tôt cet été, la MRC de Papineau a d’ailleurs demandé par voie de résolution qu’un employé du ministère, avec des pouvoirs décisionnels, soit affecté au bureau de Papineauville, dans le but d’alléger les délais de traitement des dossiers sur son territoire.

Rencontre entre les élus de Ripon et le MTQ

Le conseil municipal de Ripon a appuyé les revendications de sa voisine Saint-Sixte, en juillet, dans une résolution. Le maire de Ripon, Luc Desjardins, s’explique mal pourquoi les voies d’accotement du tronçon qui a fait l’objet de travaux ce printemps, sur la route 317, n’ont pas été pavées. Une rencontre entre des représentants de l’administration de Ripon et du MTQ est d’ailleurs prévue jeudi après-midi, à Gatineau, pour discuter de différents sujets. Le dossier de la route 317 sera abordé, assure M. Desjardins.

«Nous voulons savoir pourquoi les travaux ont été faits de cette façon. On travaille pour attirer des cyclistes dans notre région et là on se retrouve avec une route qui n’a pas de bandes d’accotements. Est-ce que le ministère a l’intention de continuer les travaux pour que nous ayons éventuellement une route plus accueillante pour les touristes et villégiateurs», explique M. Desjardins.

Dans une réponse adressée par le biais d’un courriel au Droit, la porte-parole régionale du MTQ, Rosalie Faubert, confirme que «le ministère a asphalté [ces derniers mois] cinq portions de la route 317 qui pouvaient occasionner des enjeux de sécurité en raison de la présence d’ornières», pour un total de 3,9 kilomètres de distance.

Si les accotements n’ont pas été pavés, c’est parce que les travaux effectués ne s’inscrivaient pas dans le cadre de la programmation du MTQ, affirme Mme Faubert.

«Le 25 août dernier, le Ministère a répondu à la Municipalité [de Saint-Sixte] qu’il approuvait la programmation des travaux routiers à exécuter chaque année pour une période de deux ans en fonction des priorités ministérielles en matière d’intervention sur le réseau routier et que la priorité est accordée aux travaux visant le maintien des infrastructures existantes et la sécurité routière. Pour la programmation 2020-2022, le projet d’asphaltage de la route 317, entre la rue du Vieux-Pont et la Montée Labelle, n’a pas été retenu. [...] De plus, ce n’est que lors de la réalisation des projets routiers que le Ministère procède aussi à l’asphaltage des accotements, selon les règles et normes en vigueur. Par conséquent, la demande pour asphalter les accotements sera traitée lors de la planification d’un projet routier dans le secteur de la route 317 à Saint-Sixte», mentionne la porte-parole régionale du MTQ dans son courriel.