Le président de la CSCV, Éric Antoine

Pas de place pour une école alternative publique dans la Petite-Nation

L’école primaire alternative publique souhaitée depuis deux ans par un groupe de parents de la Petite-Nation ne verra pas le jour, du moins pas à court terme. Le conseil de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV) a fait savoir, mercredi soir, que l’organisation ne disposait actuellement pas d’espace pour ce type de projet et qu’elle n’avait pas l’intention d’affecter l’un de ces bâtiments pour ce type d’école.

Selon l’orientation adoptée à la majorité par les commissaires, la CSCV n’entend pas non plus louer ou procéder à l’achat de locaux ou de bâtiments «aux fins exclusives ou partielles» d’un projet d’école alternative. «Tant et aussi longtemps que des locaux de classes ne seront pas disponibles dans le parc immobilier dont elle est propriétaire, la CSCV n’a pas l’intention d’allouer des classes pour une approche pédagogique particulière d’enseignement alternatif», ont tranché les élus scolaires.

Depuis 2018, un comité formé de parents de la Petite-Nation militait pour la création d’une école primaire alternative publique axée sur l’enseignement en nature, l’environnement et la coopération. Le groupe avait même déposé un référentiel à la commission scolaire, en décembre 2018.

L’idée d’aménager l’établissement alternatif dans les locaux de l’organisme Service animation jeunesse de l’Outaouais (SAJO), à Thurso, avait été évoquée.

Le président de la CSCV, Éric Antoine, affirme qu’il est impossible, dans le contexte actuel, que la commission scolaire puisse offrir l’espace requis pour une telle école. Rénover et réaménager le bâtiment de SAJO, un immeuble qui n’est pas propriété de la commission scolaire, n’était pas une option, a indiqué M. Antoine. «On va s’occuper de nos bâtiments en premier lieu», a souligné M. Antoine, tout en précisant que l’initiative devait être mise sur la glace pour le moment.

Patrick Gravel, membre fondateur du projet d’école alternative publique de la Petite-Nation, s’est montré très déçu de la décision des commissaires, à sa sortie de l’assemblée.

«Je vois que les commissaires ont décidé de ne pas investir dans la jeunesse. L’enjeu environnemental, c’est l’enjeu numéro un. On en entend parler tous les jours. Le seul projet qui se propose en tant que solution environnementale est rejeté», a-t-il dit.

Le maire de Montpellier, Stéphane Séguin, aussi présent à la séance du conseil de la CSCV, a déploré le choix des commissaires. 

«On vire vers l’environnement. L’économie s’en va là. Veut veut pas, on va être obligé de vivre avec ça. Je pense qu’avec le projet bien encadré, la commission scolaire aurait dû trouver des solutions pour s’adapter», a-t-il commenté.