Les propriétaires du Domaine des météores, un vignoble situé à Ripon, tentent de diversifier leurs activités afin, notamment, d’être moins vulnérables aux changements climatiques qui menacent leurs récoltes.

Pas de distillerie pour le Domaine des météores

Le Domaine des météores, dans la Petite-Nation, ne pourra pas exploiter de distillerie.

Les propriétaires du vignoble situé à Ripon, André Céllard et Chantal Ippersiel, qui demandaient l’autorisation pour utiliser à une fin autre que l’agriculture une partie de leur lot, viennent d’essuyer un refus devant la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).

Le couple de vignerons demandait à la commission l’autorisation d’obtenir un permis industriel de distillation auprès de la Régie des alcools, des courses et des jeux afin d’implanter sur leur terrain une distillerie à partir de produits provenant de l’extérieur de la ferme.

Les entrepreneurs soulignaient qu’une exploitation du genre, à même leur bâtiment agricole existant, permettrait de « sécuriser leurs sources de revenus », et de diversifier et d’assurer la survie de leur entreprise spécialisée dans la production de vin biologique « dont la récolte sensible aux changements climatiques peut se voir détruite par des gels automnaux ou printaniers ou par des épisodes de grêle ».

Les propriétaires du Domaine des météores, qui approchent de leur retraite, louent actuellement leurs quelque 12 000 plants de culture en vigne à des producteurs qui transforment les raisins dans leur propre vignoble.

Or, le commissaire de la CPTAQ, Richard Petit, soutient dans sa décision rendue le 16 août dernier que l’orientation préliminaire de la commission, émise au printemps, est maintenue puisqu’aucun élément nouveau n’a été apporté au dossier depuis la demande de révision déposée par les propriétaires de l’entreprise basée à Ripon.

« La Commission peut comprendre que les demandeurs souhaitent réduire leurs activités sur la ferme, mais cela ne rend pas acceptable pour autant le projet de distillerie. En effet, la Commission ne peut évidemment pas s’appuyer, dans le cadre de l’étude du dossier, sur des considérations d’ordre personnelles, elle risquerait de sombrer dans l’arbitraire et de créer de dangereux précédents, l’application de la Loi devant être la même pour tous », peut-on lire dans la décision de la CPTAQ.

« Ainsi, dans le présent dossier, il s’agit d’introduire une activité industrielle dans un milieu agroforestier homogène. De l’avis de la Commission, une autorisation aurait un impact négatif non seulement sur l’homogénéité de la communauté agricole, mais aussi sur l’homogénéité de l’exploitation agricole », tranche la CPTAQ, qui précise qu’il « existe hors de la zone agricole des sites de moindre impact pour implanter une telle activité industrielle ».