Le député fédéral d’Argenteuil-La Petite-Nation, Stéphane Lauzon
Le député fédéral d’Argenteuil-La Petite-Nation, Stéphane Lauzon

Pas d’argent du fédéral pour les camps de jour dans Argenteuil-La Petite-Nation

Les camps de jours municipaux de la MRC de Papineau ne pourront pas compter sur l’aide financière d’Ottawa cet été, alors que le député fédéral d’Argenteuil-La Petite-Nation, Stéphane Lauzon, a décidé de transférer le budget généralement alloué aux emplois d’été en camps de jours de son comté vers des initiatives communautaires, a appris Le Droit.

À l’instar des autres députés fédéraux, M. Lauzon dispose chaque année d’un budget lui permettant de subventionner des emplois d’été dans sa circonscription. L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme Emplois d’été Canada. Dans le cas de M. Lauzon, le montant qu’il peut distribuer se chiffre à environ 680 000$. La somme attribuée est basée sur des critères précis, notamment en fonction du bassin démographique des comtés, par exemple.

Des quelque 680 000$ dont dispose M. Lauzon, une enveloppe approximative de 350 000$ devait être allouée cet été pour subventionner, entre autres, le salaire de moniteurs de camps de jour municipaux et privés, de surveillants de piscines et de parcs municipaux et d’employés embauchés dans le cadre d’événements culturels et de festivals divers aux quatre coins de son comté. M. Lauzon devait rendre son rapport final sur l’octroi des subventions le 24 avril à la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et de l’inclusion des personnes handicapées, Carla Qualtrough.


« On a décidé d’aider davantage les banques alimentaires et la communauté qui vient en aide à ceux frappés par la pandémie. »
Stéphane Lauzon

Si la décision portant sur l’annulation de tous les festivals pour la période estivale au Québec était déjà connue depuis plusieurs jours, le 24 avril, le gouvernement Legault ne s’était toujours pas prononcé à cette date sur la question de l’ouverture des camps de jour estivaux dans le contexte de la pandémie de la COVID-19. Ce n’est que le 30 avril que la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a laissé entendre, lors d’une séance virtuelle de l’Assemblée nationale, que les camps de jour pourraient lancer leurs activités dans la Belle Province vers la fin juin ou au début du mois de juillet.

«Il n’y a pas personne qui savait, il y a deux semaines, s’il était question que les camps de jour ouvrent et il n’y a pas personne encore aujourd’hui qui connaît les critères. J’ai fait le choix de garder cet argent-là dans ma circonscription parce que si on reste lié avec des emplois de camp de jour, si les camps de jour n’ouvrent pas, j’aurais perdu ces 300 000$. C’est clairement dit dans les critères que les emplois doivent être rémunérés. Les montants ne peuvent pas être reportés à l’année prochaine», a indiqué M. Lauzon en entrevue avec Le Droit.

Avant de trancher, il a consulté l’ensemble des 41 maires de sa circonscription, dit-il.

L’argent en question sera plutôt investi pour la création de postes dans des organismes communautaires dans Argenteuil-La Petite-Nation, principalement dans les banques alimentaires et les popotes roulantes du territoire. «Le ministère [de l’Emploi] nous a dit de favoriser les programmes communautaires et les chaînes d’approvisionnement alimentaires. On nous a dit de viser les aînés et toute la population vulnérable. On a décidé d’aider davantage les banques alimentaires et la communauté qui vient en aide à ceux frappés par la pandémie», a mentionné le député d’Argenteuil-La Petite-Nation.

Ce dernier réitère qu’il s’agit d’une situation exceptionnelle et que le budget habituel d’Emplois d’été Canada reviendra lorsque le contexte le permettra.

Le flou sur les camps de jour

«J’ai l’intention de revenir aux critères d’avant le plus rapidement possible pour aider les camps de jour. Je suis un grand défenseur des camps de jour. J’ai été président des sports, des loisirs et de la vie communautaire quand j’étais conseiller municipal à la Ville de Gatineau, mais avec les mesures sanitaires que nous avons aujourd’hui, j’ai bien hâte de voir comment on va faire pour envoyer un jeune dans un camp de jour. Je ne peux pas concevoir comment on pourrait faire ça cet été. On ne peut même pas partager un ballon», a souligné le député Lauzon.

Le préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon

Le préfet de la MRC de Papineau, maire de Thurso et président de la Commission de la culture, des loisirs et de la vie communautaire à l’Union des municipalités du Québec, Benoît Lauzon, estime que le député d’Argenteuil-La Petite-Nation a pris la bonne décision. L’an dernier, l’aide du fédéral a permis d’éponger 50% du salaire de l’un des 11 moniteurs du camp de jour de la Ville de Thurso qui a accueilli 140 jeunes durant sept semaines.

«Ça n’a pas un gros impact financier, note Benoît Lauzon. C’est à peu près la même chose dans chaque municipalité. On parle d’environ 300 000$ qui s’en vient sur notre territoire et qu’on ne pouvait pas se permettre de perdre. Peu importe comment cet argent arrive, c’est de l’argent que les municipalités n’auront pas à débourser pour soutenir les organismes de notre région. En plus, on ne sait même pas s’il y aura des camps de jour cet été et on ne sait même pas si les municipalités auront les infrastructures nécessaires pour répondre aux mesures exigées par le gouvernement.»