Le directeur général de la Caisse Desjardins de la Petite-Nation, Roger Lafrenière, dit comprendre la frustration des membres qui doivent maintenant se déplacer 13 kilomètres plus loin pour accéder au point de service le plus près.

Nouvelle tactique pour ramener le guichet automatique à Ripon

Des membres du mouvement Desjardins partent littéralement en croisade contre la Caisse Desjardins de la Petite-Nation à la suite du retrait, jeudi, du guichet automatique qui était situé dans le bâtiment du Marché public de la Petite-Nation, à Ripon.

Après une pétition demandant le maintien de l’appareil électronique et ayant obtenu un peu plus de 1950 signatures depuis le 6 décembre, voilà que les opposants au retrait du guichet de Ripon y vont d’une nouvelle tactique afin de faire fléchir l’institution financière. 

Membre de la Caisse Desjardins de la Petite-Nation, président de la Coopérative de la Place du Marché et résident de Ripon, Vincent Ouellette-Destroismaisons a lancé vendredi une nouvelle pétition qui pourrait obliger l’institution financière à tenir dans les semaines à venir une assemblée générale extraordinaire avec comme seul point à l’ordre du jour la réouverture du guichet automatique. 

« Dans la Loi sur les coopératives de services financiers, il est stipulé que si 2 % des membres demandent une assemblée générale extraordinaire, la coopérative est obligée de tenir cette assemblée. On a besoin de 250 signatures et on va se rendre à ce chiffre là, c’est sûr. À ce moment là, la caisse devra faire face à ses membres et ce sont les membres qui vont décider si le guichet rouvre ou pas. Cette avenue malheureusement béliqueuse a été tracée par l’attitude cavalière des digireants actuels de la Caisse Desjardins de la Petite-Nation », a affirmé au Droit M. Ouellette-Destroimaisons.

Après avoir annoncé au début décembre que le guichet automatique de Ripon allait être démantelé, la coopérative a procédé au retrait officiel de l’appareil le 11 janvier, malgré la grogne considérable ressentie dans tout le village et même dans les municipalités voisines. Les mécontents dénoncent notamment l’impact de cette perte de service pour les commerçants locaux et pour les aînés du village et qui n’ont pas nécessairement les connaissances ou l’accès à Internet pour gérer des transactions en ligne.

Le directeur général de la Caisse Desjardins de la Petite-Nation, Roger Lafrenière, dit comprendre la frustration des membres qui doivent maintenant se déplacer 13 kilomètres plus loin pour accéder au point de service le plus près, soit celui de Saint-André-Avellin. Il rappelle toutefois que le guichet automatique en question avait connu une baisse d’achalandage de 38 % depuis son installation en 2011 au Marché public de la Petite-Nation. La réflexion entourant l’avenir dudit appareil avait déjà été amorcée dans le cadre de la vaste stratégie de modernisation du parc de guichets de Desjardins.

« La décision n’a pas été prise à la légère. La décision a été prise avec l’ensemble de l’information par rapport à l’analyse qui a été faite. [...] Nous avons quand même remis un guide d’accompagnement avec des solutions atténuantes aux citoyens de Ripon pour démontrer notre bonne foi », a-t-il réitéré, vendredi.

Par rapport à la nouvelle pétition mise en ligne hier, M. Lafrenière a admis qu’une assemblée générale extraordinaire portant sur le dossier pourrait avoir lieu si les conditions nécessaires pour une telle tenue sont rencontrées. 

« C’est dans leur droit de faire cette demande et nous n’avons aucun problème avec ça, a-t-il dit à propos des signataires. Lorsqu’on aura accusé réception de cette pétition qui est en cours, on va s’assurer pour le bien des membres de faire selon les lois et les règles en place. »