Les camions lourds qui circulent en transit sur la route 148 pourraient être bientôt chose du passé.

Montebello veut chasser les camions lourds

Les camions lourds qui circulent en transit sur la route 148, à l’intérieur des limites frontalières de Montebello, pourraient être bientôt chose du passé.

Les maires de la MRC de Papineau ont adopté à la majorité une résolution, la semaine dernière, dans laquelle ils donnent leur appui à Montebello « dans les démarches qu’elle a initiées auprès du ministère des Transports du Québec (MTQ) afin d’interdire les poids lourds de circuler sur la rue Notre-Dame de la Municipalité ».

Les élus de Montebello allèguent que le passage fréquent de tracteurs routiers sur le tronçon de la route 148 qui traverse leur village représente « un frein » au développement économique et au tourisme, en plus de mettre en péril la sécurité des piétons. Une résolution a été adoptée par le conseil montebellois en juillet, mais la Municipalité avait besoin du soutien de la MRC pour obtenir l’oreille attentive du MTQ.

Le maire de Montebello, Martin Deschênes, dit travailler sur ce dossier depuis déjà plus d’un an à la suite de la réception de plusieurs plaintes, notamment de la part de gens d’affaires locaux.

Le premier magistrat soutient que le débit de circulation de « camions commerciaux » sur la route 148 est encore considérable, malgré l’ouverture depuis novembre 2012 de l’autoroute 50 sur toute sa longueur, entre Gatineau et Lachute.

« Les commerçants de Montebello nous disent que les poids lourds dans le village, ça nuit à notre développement et au tourisme. On commence à avoir des critiques négatives dans nos auberges comme quoi ce n’est pas paisible de venir passer un week-end chez nous. Il y a toujours eu un achalandage de poids lourds sur la 148, mais c’était une nécessité avant parce qu’il s’agissait de la seule route. Aujourd’hui, on a une voie alternative et on essaie de se développer comme pôle touristique de l’Outaouais. Pour y arriver, on doit attirer une clientèle. Ce qu’on dit, c’est que le camion qui doit venir faire une livraison locale à Montebello va continuer de circuler, mais les camions en transit doivent utiliser l’autoroute », affirme M. Deschênes.

Selon la proposition mise de l’avant par Montebello, l’interdiction en question ne forcerait pas l’aménagement d’une voie de contournement puisque l’autoroute 50 se trouve à proximité des deux extrémités du territoire de la municipalité. Des panneaux de signalisation seraient installés aux entrées du village et ce sont les patrouilleurs de la Sûreté du Québec et les inspecteurs de Contrôle routier Québec qui auraient le pouvoir d’appliquer la législation et d’émettre des contraventions aux contrevenants.

En plus d’avoir l’appui régional de la MRC, M. Deschênes indique avoir le soutien de la Fédération des villages-relais, de Tourisme Outaouais et Tourisme Québec.

Proposition à l’étude

Au MTQ, on confirme que la requête de Montebello et de la MRC de Papineau est sous analyse présentement.

« La route 148 dans la MRC de Papineau est sous la juridiction du ministère des Transports. Ainsi, c’est le Ministère qui devra analyser la demande de la municipalité de Montebello et de la MRC de Papineau concernant l’interdiction au transport lourd à Montebello. Le Ministère a bien reçu la résolution et procédera à une analyse avant de prendre sa décision sur cette demande d’interdiction », a indiqué par voie d’une réponse écrite la porte-parole du MTQ en Outaouais, Rosalie Faubert.

Selon les données du MTQ, le débit journalier moyen annuel était de 7700 véhicules en 2010, entre la rue Asa-Cook, à Papineauville, et la route 323, à Montebello.

De ce nombre, le camionnage représentait 18 % de la circulation. En 2018, ce même débit était de 3600 véhicules, pour ce même tronçon.

Le camionnage représentait 8 % de l’achalandage total.

Entre la route 323, à Montebello, et la côte Angèle, à Notre-Dame-de-Bonsecours, le pourcentage de camionnage est passé de 16 %, en 2010, à 7 % en 2018. Le débit journalier se chiffrait à 3600 véhicules, pour ce tronçon, l’an dernier.

À noter que la mesure exigée par Montebello existe ailleurs en Outaouais.

Dans la Haute-Gatineau, les semi-remorques en transit n’ont pas le droit de circuler sur la route 107, à Maniwaki, de même que sur le chemin de Blue Sea, entre Gracefield et Messines.

La même politique est en place sur la route 303, entre Portage-du-Fort et Shawville, dans le Pontiac.