Selon plusieurs riverains, le niveau de la rivière Outaouais a descendu considérablement, ce qui encourage les sinistrés.

L'espoir renaît à Papineauville

Les riverains sinistrés de Papineauville commencent à voir la lumière au bout du tunnel avec le niveau de l'eau de la rivière des Outaouais qui continue légèrement de baisser de jour en jour. Cependant, personne n'ose encore se réjouir.
Le long des rues Saint-Julien et Lionel et du chemin Servant, c'est toujours la désolation pour les propriétaires dont la demeure a été engloutie ces derniers jours. Sous un soleil radieux, hier après-midi, certains sinistrés s'affairaient à constater les dégâts. D'autres vérifiaient l'état de leurs barricades de sacs de sable. 
« Ç'a descendu de 11 pouces depuis le pic. On est encouragé. On sait qu'on annonce deux jours de pluie en fin de semaine, mais tout ce qu'on aura gagné va nous donner un tampon pour recevoir une prochaine hausse s'il y en a une », confie Gilles Legault qui a réussi à éviter l'infiltration de l'eau dans sa résidence de la rue Lionel grâce à l'aide de ses frères, notamment.
« On a bloqué les portes avec des madriers en diagonale. On a réussi à combattre la pression pour ne pas que l'eau rentre. Ça soupirait sur le bord des portes. Il y avait un millimètre ou un quart de pouce d'eau, mais rien pour abîmer beaucoup », raconte l'homme. 
Sa résidence bâtie en 2000 aux abords de la rivière a l'avantage d'être érigée un peu plus en hauteur que les autres maisons du voisinage.
« Je suis content qu'on m'ait obligé à me mettre plus haut que mes voisins quand je me suis bâti. Sur le coup ç'a m'a fâché parce que j'ai dû faire plusieurs voyages de sable, mais aujourd'hui je suis content d'avoir respecté les normes de la municipalité parce que je suis épargné », dit-il. Lui et son frère Conrad étaient sur le point de quitter en chaloupe (notre photo) pour aller aider d'autres sinistrés au moment où Le Droit les a interceptés.
Un peu plus loin, sur le chemin Servant, Francine Whelan revenait mercredi après-midi d'une visite au CHSLD de Saint-André-Avellin où son époux atteint d'Alzheimer est hébergé. Elle s'apprêtait à venir voir l'état de sa maison qu'elle a dû évacuer lundi avant d'être pris en charge par la Croix-Rouge. 
Son sous-sol est inondé à une hauteur d'au moins cinq pieds même si elle a dépensé plus de 700 $ en location de pompes. Quand on lui demande s'il elle garde espoir en voyant le niveau de l'eau de la rivière baisser, elle répond du tac au tac. « Je vais vous dire franchement, je ne suis pas découragée et je ne suis pas encouragée. Je suis tombée sur le neutre. T'as pas le choix si tu veux continuer. » Elle ignore quand elle pourra réintégrer son domicile.
Du côté de la municipalité, on recensait en fin de journée hier 29 personnes évacuées dont huit d'entre-elles étaient prises en charge par la Croix-Rouge. Trente-six résidences principales et 27 résidences secondaires étaient toujours inondées alors que le niveau de l'eau avait baissé de 10 centimètres en comparaison avec mardi. 
Par ailleurs, le Service de sécurité incendie de Papineauville demeurera en poste de façon permanente, 24 h par jour, au moins jusqu'à vendredi, tout comme le centre de coordination. Aucune date n'avait encore été fixée pour une éventuelle rencontre portant sur les indemnisations auxquelles auront le droit les sinistrés.