À l’instar des maires de Gatineau et Ottawa, des préfets des MRC de l’Outaouais réclament également des citoyens des deux côtés de la rive qu’ils évitent le va-et-vient inutile entre les frontières, même si c’est pour se rendre à leur chalet ou leur résidence secondaire.

Les villégiateurs ontariens invités à rester chez eux

À l’instar des maires de Gatineau et Ottawa, des préfets des MRC de l’Outaouais réclament également des citoyens des deux côtés de la rive qu’ils évitent le va-et-vient inutile entre les frontières, même si c’est pour se rendre à leur chalet ou leur résidence secondaire.

La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, croit qu’une demande officielle pour fermer «partiellement» la frontière Ontario-Québec aurait dû être logée il y a de ça plusieurs jours.

«Je ne blâme personne et j’aurais peut-être dû moi-même réagir plus vite, mais c’est un enjeu. Il faut fermer la frontière pour tous les déplacements qui ne sont pas essentiels, a mentionné Mme Lamarche en entrevue avec Le Droit, mardi. J’habite sur le bord d’un lac et tous les chalets qui sont généralement fermés à ce temps de l’année sont remplis. J’ai eu des plaintes de personnes à Lac-Sainte-Marie où on fait des partys dans les chalets. Les gens ne respectent pas les consignes.»

La préfète soutient avoir reçu de nombreux appels en provenance des 17 municipalités qui composent son territoire. Sur les quelque 6000 chalets répertoriés dans la Vallée-de-la-Gatineau, plusieurs sont propriétés de résidents de l’Ontario. La situation commence à provoquer «des frictions» dans la population, dit-elle.

«Quand les gens traversent de l’Ontario vers le Québec, en Outaouais, ils pensent qu’ils n’ont plus de mesures à suivre et qu’il n’y a pas de danger d’attraper le virus parce qu’ils sont en campagne. Le virus ne fait pas la différence entre la campagne et la ville lui. Les épiceries dans la Vallée-de-la-Gatineau sont bondées d’Ontariens depuis les six derniers jours. Ils ont des chalets et ils ont le droit, mais ils doivent suivre les consignes comme nous on le fait.»

Il revient à Ottawa et Québec de gérer cette situation le plus tôt possible, estime Mme Lamarche.

«Il faudrait que le provincial et le fédéral mettent des mesures sérieuses pour vérifier les ponts», ajoute la préfète.

Pas un besoin essentiel

Le préfet de la MRC de Papineau et maire de Thurso, Benoît Lauzon, soutient qu’un boom d’achalandage a également été observé dans sa région depuis les derniers jours. Il demande aux villégiateurs de l’extérieur de rester à leur domicile.

«On demande aux gens de demeurer à la maison. À notre avis, le fait d’aller au chalet, ce n’est pas un besoin essentiel pour l’instant. La priorité pour le moment, c’est de gérer la pandémie et de respecter les demandes du gouvernement du Québec. On a énormément de villégiateurs de l’Ontario qui viennent chez nous et ce sont des gens qu’on aime voir sur notre territoire, mais pour les deux à trois prochaines semaines, je pense qu’il est important de limiter les déplacements», a-t-il indiqué, mardi.

Dans un long message publié sur sa page Facebook, lundi, le maire de La Pêche, dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais, Guillaume Lamoureux, supplie également les gens de l’extérieur d’éviter de se déplacer dans sa municipalité, après que des citoyens lui aient fait part de la présence de nombreux visiteurs lors du dernier week-end. Le maire Lamoureux a parlé dans son message d’une «augmentation spectaculaire du nombre de visiteurs à Wakefield et dans les environs» pendant la fin de semaine.

«Beaucoup de nos entreprises locales sont déjà fermées et celles qui restent ouvertes tentent de maintenir les services essentiels pour la communauté. La Pêche sera bientôt de nouveau heureuse d’accueillir des visiteurs lorsque cette crise sera terminée; en attendant, nous nous attendons à ce que les gens respectent l’esprit et la lettre du décret de l’autorité sanitaire provinciale de rester chez eux et de ne voyager que si c’est essentiel», souligne le premier magistrat dans sa missive.