Le maire de Ripon, Luc Desjardins, ne croit pas que le projet-pilote de guichets indépendants soit un succès.

Les guichets indépendants ne font pas courir les foules

Cinq mois après leur mise en service, les guichets automatiques municipaux de Ripon et Plaisance, aménagés dans le cadre du projet pilote d’un an chapeauté par la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et le Mouvement Desjardins, sont de toute évidence très peu populaires auprès du public.

Déployés afin d’atténuer l’impact de la fermeture de guichets et de points de service Desjardins dans certaines localités de la province, des guichets indépendants permettant uniquement aux utilisateurs de retirer de l’argent moyennant des frais de 0,50 $ par transaction, en plus des frais de 1,50 $ qui sont ajoutés par les institutions financières, ont été implantés dans cinq municipalités du Québec, dont à Ripon et Plaisance en Outaouais.

Les distributeurs automatiques aménagés dans ces deux municipalités enregistrent à peine quelque centaine de transactions par mois depuis leur mise en opération à la fin août 2018.

À Ripon, la moyenne de transactions effectuées par mois auprès du guichet automatique municipal se chiffre à 300, selon les chiffres obtenus par LeDroit. En comparaison, l’ancien guichet automatique Desjardins, qui a été démantelé en janvier 2018 par la Caisse Desjardins de la Petite-Nation, enregistrait quelque 3000 transactions mensuellement. À Plaisance, environ 250 transactions ont lieu chaque mois par le biais du nouvel appareil. Ce nombre atteignait 2500 (1400 retraits) avec le guichet Desjardins.

Pour le maire de Ripon, Luc Desjardins, ces statistiques sont loin d’être convaincantes, mais il est encore trop tôt pour connaître la suite des choses.

« De vous dire aujourd’hui si la municipalité continuera après la fin du projet pilote et quels en seront les coûts, je ne peux pas vous répondre, mais à 300 transactions, ce n’est pas terrible », a commenté M. Desjardins.

Ce dernier précise que Ripon et Plaisance enregistrent pourtant les meilleurs résultats à l’échelle du Québec pour ce projet pilote, jusqu’à présent.

« L’objectif du projet pilote, c’était de vérifier si ce genre de guichet pouvait être viable dans chacune des municipalités du Québec. À ce jour, je ne crois pas que ce soit viable, mais ça restera à voir d’ici la fin de la première année », a indiqué M. Desjardins au Droit.

La baisse drastique d’achalandage observée s’explique par plusieurs facteurs, note le magistrat de Ripon. Il estime que la communauté a encore lourd sur le cœur la façon dont tout le dossier a été géré par la coopérative Desjardins.

« Il y a les frais de transactions qui ont un impact certain, oui, mais il y a aussi une certaine amertume parmi la population. Les gens se sont sentis abandonnés par la caisse et j’ai l’impression qu’on boude un peu le projet à cause de ça et je comprends très bien cette réaction », affirme-t-il.

Malgré les statistiques peu concluantes, le maire de Plaisance, Christian Pilon, est quant à lui d’avis que le service a encore sa place. Ce sont toutefois les élus de Plaisance qui trancheront au final, dans sept mois.

« Le conseil aura une décision en prendre en juillet ou en août, mais mon opinion à moi, c’est que même avec 250 transactions, le service reste essentiel. Dans mon esprit, le guichet n’est pas là pour qu’on fasse de l’argent. Évidemment, il faudra regarder les chiffres et calculer les coûts que ça pourrait nous engendrer si on décidait de le garder », a-t-il mentionné, rappelant que Desjardins assume le financement de l’appareil et d’éventuelles pertes encourues seulement pour la durée du pilote.