La campagne de dons majeurs déployée afin de financer la construction de la future Résidence Le Monarque, à Plaisance, n'était même pas encore officiellement lancée que déjà 1,8 million de dollars a été amassés auprès de la communauté.

Le Monarque s’installe à Plaisance

Après dix ans de planification et d’attente, la Résidence Le Monarque, qui offre des soins palliatifs depuis l’été 2014 dans l’ancien couvent de Montebello, pourra enfin s’établir à Plaisance tel que le prévoyait le plan initial de ses administrateurs, alors que la construction de l’édifice prévue sur le chemin de la Presqu’île doit débuter au printemps prochain.

Le conseil d’administration du Monarque a procédé mercredi matin au lancement d’une campagne de dons majeurs afin d’amasser 3,5 millions de dollars auprès de la communauté. Cette somme permettra de construire une maison de soins palliatifs au goût du jour sur le vaste terrain de quatre acres acquis il y a de ça quelques années par l’organisme, sur le territoire de la municipalité de Plaisance.

Le cabinet de la campagne de financement, composé de « gens influents du milieu de la Petite-Nation et de la Lièvre » et présidé par l’homme d’affaires bien connu Yves Berthiaume, a annoncé du même souffle, en conférence de presse, qu’un montant de 1,8 million de dollars avait déjà été récolté par l’entremise d’une « campagne silencieuse ». Le 1,7 million de dollars restant pourra être amassé au cours de la prochaine année.

Les travaux débuteront au printemps et la toute nouvelle Résidence Le Monarque devrait ouvrir ses portes au plus tard en 2021, a confirmé sa directrice générale, Manon Cardinal, mercredi, en conférence de presse.

« Ça fait plus de dix ans qu’on travaille à l’élaboration. On voulait construire, mais comme nous n’avions pas les sous pour la construction, on a dû louer des locaux depuis cinq ans (à Montebello), mais c’est sûr que c’est un rêve que je caresse depuis très longtemps de pouvoir construire notre propre résidence. Ça va nous permettre d’étendre nos services, ce qui est vraiment la priorité », a déclaré Mme Cardinal, qui s’est dite très optimiste que la campagne de financement sera couronnée de succès.

Un centre de jour et plus de services

Depuis août 2014, ce sont un peu plus de 600 personnes en fin de vie et proches de celles-ci qui ont pu profiter gratuitement des services du Monarque, par le biais des dizaines de bénévoles et du personnel soignant œuvrant pour la résidence.

La maison de soins palliatifs attendue à Plaisance proposera, comme c’est le cas présentement à Montebello, six lits, en vertu des règles du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec qui prévoit « un lit réservé aux soins palliatifs et de fin de vie par 10 000 personnes » pour chaque territoire sociosanitaire de la province.

Un centre de jour pourra aussi être mis sur pied. Deux bureaux y seront notamment aménagés afin d’accueillir des professionnels de la santé. Une grande salle destinée à des conférences sur la santé figure également dans les plans. Deux chambres seront aussi de plus réservées pour les familles habitant loin du proche hébergé.

La venue d’un centre de jour permettra d’élargir l’offre de services, estime Mme Cardinal, qui souligne que 50 % des personnes en fin de vie qui font leur entrée à la résidence, depuis son ouverture en 2014, y séjournent quatre jours et moins avant de décéder. Une situation qui s’explique, selon la fondatrice du Monarque, soit par l’acharnement thérapeutique, soit par les diagnostics de médecins qui tardent parfois à être clairement établis. La difficulté à avoir accès aux services dans le réseau de la santé fait aussi partie du portrait. Il reste également beaucoup d’éducation à faire auprès de la population pour démystifier la véritable nature d’une maison de soins palliatifs, souligne la directrice générale du Monarque.

« La nouvelle construction va nous permettre d’ouvrir un centre de jour pour accueillir les gens qui ont 18 mois de vie et moins et qui sont à la maison. On va les accueillir pour pouvoir donner du répit aux proches aidants et par le fait même, ils vont apprivoiser les lieux. On va pouvoir s’assurer qu’ils sont soulagés à la maison. [...] On va pouvoir offrir davantage de services qui vont permettre de toucher à toutes les nécessités d’une maison de soins palliatifs », indique Mme Cardinal.

L’appel d’offres pour dénicher l’entrepreneur chargé de la construction sera lancé en janvier.