L’ancien Domaine des pères de Sainte-Croix.

Lac-Simon veut «protéger son patrimoine culturel»

La municipalité de Lac-Simon a l’intention de contester la poursuite de 3,6 millions de dollars qui pèse contre elle dans le dossier de l’ancien Domaine des pères de Sainte-Croix.

C’est ce qu’a fait savoir le maire de Lac-Simon, Jean-Paul Descoeurs, dans un communiqué de presse envoyé au Droit mercredi soir, deux jours après la publication par le journal d’un article ayant révélé que le promoteur et propriétaire de l’ancienne résidence d’été des pères Sainte-Croix poursuivait la municipalité, son directeur de l’urbanisme et de l’environnement et la conseillère municipale Chantal Crête, pour une somme totale de 3,6 millions de dollars.

La compagnie à numéro accuse les différentes parties ciblées par la requête déposée le 23 août devant la Cour supérieure du Québec de « bloquer illégalement et abusivement » le projet récréotouristique qu’elle souhaite développer. Le promoteur, qui veut transformer l’ancien site religieux en complexe hôtelier, réclame que Lac-Simon lui fournisse les permis nécessaires pour mener à terme son projet.

« Désigné d’intérêt patrimonial, le vaste domaine de villégiature de 45 acres a fait l’objet d’une analyse objective par le Service d’urbanisme de la municipalité et a été jugé non conforme à la réglementation actuelle, même si une vidéo promotionnelle décrivant les grandes lignes de son projet avait capté l’intérêt des élus du conseil municipal antérieur en 2016 », peut-on lire dans le communiqué émis. Lac-Simon soutient ne pas avoir fermé la porte au promoteur, mais bien avoir rencontré celui-ci afin de discuter « des options possibles » dans le dossier. C’était avant que cette poursuite soit déposée devant le tribunal.

« Le projet dans sa forme actuelle n’est pas conforme à notre réglementation, et nous ne pouvons l’accepter », ajoute le maire Descoeurs, dans la missive écrite.

« En vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, tout projet d’aménagement dans une zone désignée d’intérêt patrimonial doit nécessairement recevoir l’accord du Conseil municipal et celui-ci a le droit d’imposer des conditions pour la réalisation de différents travaux sur un bien patrimonial cité et refuser, par exemple, la destruction ou la démolition de ce bien », poursuit le premier magistrat qui précise être « déterminé à protéger le patrimoine culturel de sa municipalité et à défendre l’intérêt de ses concitoyens dans cette affaire ».

Joint jeudi par téléphone, M. Descoeurs nous a référé au communiqué de presse. Lac-Simon confirme avoir transmis la poursuite à ses assureurs et procureurs.