Rudi Markgraf en est à sa sixième année comme coordonnateur de la Plateforme agricole de L’Ange-Gardien.
Rudi Markgraf en est à sa sixième année comme coordonnateur de la Plateforme agricole de L’Ange-Gardien.

La plateforme agricole de l'Ange-Gardien «plus actuelle que jamais»

La pandémie de COVID-19 qui frappe la planète tout entière et le Québec depuis les derniers mois donne encore plus de pertinence à la mission de la Plateforme agricole de L’Ange-Gardien qui lance cette année sa 11e saison, estime son coordonnateur, Rudi Markgraf.

« Notre projet de la Plateforme agricole demeure plus actuel que jamais surtout que ça permet à la relève non apparentée qui n’a pas accès à la terre de s’installer et de démarrer à faible coût rapidement. Il y a un engouement actuel pour les produits locaux. On reconnaît un engouement pour la production depuis la crise. On voit une plus grande demande. Les fermes, en tout cas les petites fermes, reçoivent plus de demandes de la part des consommateurs », affirme sans détour M. Markgraf, qui en est à sa sixième année comme coordonnateur de l’incubateur, situé sur le chemin River à L’Ange-Gardien.

Le site accueille cette année sept entreprises dans ses installations. Ces start-up ont l’avantage durant cinq ans de louer une parcelle de terre certifiée bio et d’utiliser un lieu de production clé en main qui leur offre des infrastructures et de la machinerie commune, notamment. Ces outils leur donnent l’opportunité de se bâtir un chiffre d’affaires pour ensuite battre de leurs propres ailes et faire l’achat d’une propriété agricole.

S’il y a un point positif à dégager de cette crise majeure qui frappe tous les secteurs, y compris l’agriculture, c’est qu’elle permettra peut-être de transformer la conscience collective concernant la sécurité alimentaire, note le coordonnateur de la Plateforme agricole.

Genevieve Grossenbacher, Rudi Markgraf, Alexandre MacMillan, Alix Tabet et Jean Michel Bakonda de la Plateforme agricole de L’Ange-Gardien.

La thématique de « manger local », qui était déjà à la mode depuis plusieurs années, risque de devenir une habitude chez plus de gens encore. Pour les producteurs, qui parlent de ce concept depuis des lunes en ayant l’impression que leurs propos obtiennent parfois peu d’échos auprès des autorités et du grand public, cela est « étrange », souligne M. Markgraf.

« De parler depuis des années de sécurité alimentaire comme étant quelque chose d’abstrait qui pourrait devenir un jour important, c’est quand même drôle que ça devienne aujourd’hui réalité. Je n’aurais jamais cru voir un jour certaines denrées être en rupture de stock dans les épiceries », note ce dernier, à propos de la situation actuelle.

Celui-ci souhaite seulement que l’autonomie alimentaire demeure au cœur des priorités du gouvernement une fois que le virus deviendra un vestige du passé. L’empreinte que laissera la COVID-19 sur le modèle de consommation des Québécois risque d’être trop importante pour sombrer dans l’oubli, croit M. Markgraf.

« On voit l’importance de l’autonomie alimentaire avec la pandémie, mais avec les changements climatiques, ce sera similaire. Si on s’approvisionne de légumes et de viandes qui proviennent des États-Unis et d’ailleurs, c’est sûr que quand il y a une crise, ces pays vont nourrir leur population avant d’exporter. Ce sont des questions extrêmement importantes qu’on doit aborder. On doit proposer des solutions réalistes pour l’autonomie alimentaire au Québec. J’espère que la discussion sur l’autonomie alimentaire va rester pertinente pour le gouvernement après la crise. »

Depuis son lancement en 2010, la Plateforme agricole de L’Ange-Gardien a accueilli 66 entrepreneurs à travers 39 projets de démarrage d’entreprises. De ces 39 start-up, 16 fermes ont réussi à s’établir en dehors des cadres de l’incubateur.

***

À LIRE AUSSI: