L’entreprise de production de cannabis HEXO a dû interrompre ses travaux d’agrandissement à la suite de divers incidents sur le chantier, surtout concernant le toit de la serre.

La neige a causé des soucis à HEXO

Les récents travaux d’expansion de l’entreprise HEXO ne se sont pas déroulés sans anicroche. Le Droit a appris que le plus important fournisseur de la Société québécoise du cannabis, dont l’usine est située sur le chemin de la Rive, à Masson-Angers, a vu son projet d’agrandissement être interrompu durant un peu plus d’un mois, l’hiver dernier, à la suite d’un incident survenu sur le chantier de construction.

Selon une série de rapports obtenus auprès de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, l’entreprise gatinoise spécialisée dans la production et la distribution de marijuana médicale et récréative a dû suspendre ses travaux d’expansion, entre le 12 février et le 26 mars 2018, au moment où un premier complexe de 250 000 pieds carrés de serres supplémentaires était en pleine réalisation.

La CNESST a forcé la société à stopper temporairement ses travaux d’agrandissement après qu’une section d’environ 20 pieds de large par 200 pieds de long d’un toit d’un entrepôt de serres se soit effondrée, le 11 février au matin. Au moment de l’incident, 15 travailleurs œuvraient sur le chantier, mais aucun d’eux ne se trouvait à l’intérieur de la zone d’effondrement.

Personne n’a été blessé lors de l’événement et les dommages se sont limités à des pertes matérielles, peut-on lire dans les rapports d’intervention consultés.

Selon les informations figurant dans les documents de la CNESST, l’accumulation de neige, l’installation inachevée des assemblages entre les « panneaux sandwich » constituant la structure du toit et la présence d’une charge déséquilibrée de neige sur le toit de l’entrepôt — qui n’était pas chauffé — ont entraîné l’affaissement des lieux.

Aussitôt informée de la situation, la CNESST a émis dès le lendemain une interdiction de travailler dans l’entrepôt, dans les zones 4 et 5 des serres ainsi qu’à l’intérieur du corridor reliant les celles-ci.

Avant de reprendre les activités sur le chantier, l’entreprise, qui était connue à l’époque sous l’appellation d’Hydropothicaire, a notamment dû nettoyer et renforcer son infrastructure.

Une attestation signée et scellée par un ingénieur par rapport à la solidité des installations a dû être soumise à la CNESST. Une procédure sécuritaire pour le déneigement des toits, également signée et scellée par un ingénieur, était aussi réclamée. L’entreprise a respecté les conditions et a pu relancer la construction le 26 mars. Le complexe en question a finalement été achevé et mis en opération durant l’été.

Déneigement par hélicoptère

La porte-parole d’HEXO, Isabelle Robillard, a fait savoir que l’organisation n’était pas en mesure d’accorder d’entrevue à ce sujet.

Par le biais d’un message courriel, Mme Robillard a toutefois confirmé au Droit les informations au dossier. Une technique de déneigement des toits de serres par hélicoptère a notamment été employée à deux reprises, à la suite de l’effondrement du 11 février, a-t-elle mentionné.

« Durant la période de construction à l’hiver 2018, avant la mise en service du système de chauffage permanent, une stratégie alternative d’enlèvement de la neige avait été mise en place au chantier. Cette stratégie temporaire consistait à faire voler un hélicoptère au-dessus des serres pour venir balayer la neige du toit quelques heures après la fin des précipitations et selon des conditions météorologiques propices au vol. Cette méthode exceptionnelle a été utilisée à deux reprises à l’hiver 2018. Veuillez noter que cette méthode n’est pas nécessaire pour les opérations régulières puisque l’accumulation de neige n’est pas un enjeu une fois la construction terminée », a précisé Mme Robillard.

La porte-parole ajoute que tout est mis en place pour assurer des conditions de travail sécuritaire sur les chantiers de la société dont la plus récente expansion de 1 million de pieds carrés sera achevée dans les prochains jours.

Une annonce en lien avec ce plus projet d’agrandissement doit être faite dans la prochaine semaine.

« Ainsi, en plus de continuer d’exiger le port d’équipement de sécurité, de limiter l’accès seulement au personnel autorisé dans les diverses zones de construction, et de surveiller, les effectifs de supervision et d’inspection quotidienne ont aussi augmenté depuis l’incident. De plus, afin d’éviter ce type de risque, la période d’installation du toit de la nouvelle expansion a été planifiée avant la période hivernale afin d’assurer que l’intégrité du toit soit complète avant la tombée de la première neige », a expliqué Mme Robillard.

Avec la collaboration de William Leclerc, La Presse