Le préfet de la MRC et maire de Thurso, Benoit Lauzon, et le président de l’UMQ et maire de Drummondville, Alexandre Cusson.

La MRC de Papineau se replace

Après avoir glissé du 62e au 84e rang au niveau du classement des Municipalités régionales de comtés selon l’indice de vitalité économique de l’Institut de la statistique du Québec, entre 2007 et 2017, la MRC de Papineau a fait un bond en avant lors de la dernière année pour atteindre la 77e place sur 87.

« On devait réagir afin d’arrêter cette descente et maintenant le balancier commence à tourner. Nous avons fait un gain de sept places et soyez assurés que cela ne fait que débuter », a lancé le préfet de la MRC de Papineau et maire de Thurso, Benoît Lauzon, mercredi matin, devant un vaste parterre d’élus et de gens d’affaires de la région rassemblés à l’occasion de la deuxième édition du Déjeuner économique de la MRC de Papineau.

Le président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Drummondville, Alexandre Cusson, était le conférencier invité pour l’événement qui se tenait au Complexe Whissell, à Saint-André-Avellin.

Benoît Lauzon a profité de sa tribune pour aborder les trois axes de développement sur lesquels la MRC misera à court terme.

Afin de tirer son épingle du jeu face aux autres régions, la MRC de Papineau devra concentrer ses efforts sur les secteurs de la foresterie, du tourisme et de l’agroalimentaire, les trois « vecteurs économiques » du territoire, a souligné M. Lauzon.

« On doit mettre en place les incitatifs afin d’axer l’attractivité vers la deuxième et la troisième transformation du bois afin de bien soutenir les entreprises existantes », a mentionné le préfet à propos du secteur forestier.

En matière de tourisme, la cible annoncée par la MRC en décembre dernier, lors du lancement de la nouvelle appellation touristique « Petite Nation », demeure réaliste, croit M. Lauzon. Celle-ci vise à faire passer de 720 000 à 1,5 million, d’ici 2030, le nombre de visiteurs annuels dans la région.

« En tourisme, il y a de gros joueurs au Québec, avec le Lac-Saint-Jean, la Gaspésie, l’Estrie, les Laurentides et j’en passe, mais Papineau a des forces et des acquis », a-t-il indiqué.

La MRC de Papineau, avec ses « terres de grande qualité » et ses vignobles, doit également mieux exploiter son potentiel agroalimentaire, a ajouté le préfet.

Incubateur d’entreprises ?

L’incubateur d’entreprises annoncé l’an dernier par le préfet lors de ce même Déjeuner économique devrait par ailleurs franchir une nouvelle étape dans les mois qui viennent. Le conseil des maires devra voter d’ici la fin de l’été sur le projet d’une éventuelle infrastructure de 15 000 pieds carrés prévu sur le site du Parc industriel régional vert, à Thurso.

« Nous sommes rendus à l’appel d’offres pour la construction. C’est maintenant une décision politique qui doit être prise au niveau du conseil des maires parce qu’il s’agit d’un projet régional », a précisé M. Lauzon.

Si les premiers magistrats se prononcent en faveur d’une telle infrastructure, il y aura construction « le plus rapidement possible », a indiqué le préfet, sans toutefois pouvoir fournir d’échéancier précis.

Le modèle proposé dans Papineau s’inspire de l’incubateur industriel de Drummondville, en opération depuis 1998. Alexandre Cusson a d’ailleurs abondamment traité du sujet lors de son allocution.

Le président de l’UMQ et maire de Drummondville estime qu’un tel outil pour la MRC de Papineau serait grandement bénéfique pour la rétention de main d’œuvre et le développement économique du territoire.

« Au-delà de la création d’entreprises, d’emplois et de richesses, il y a aussi le fait d’avoir un outil qui permet de garder notre monde en région. Des jeunes entrepreneurs qui ont projet à lancer, s’ils ont chez eux, près de la maison, une occasion de le faire où ils sont biens soutenus, il y a beaucoup plus de chances qu’ils le fassent ici qu’ailleurs. Pour moi c’est un effet collatéral fort intéressant et très positif », a affirmé M. Cusson.

L’incubateur industriel de Drummondville regroupe aujourd’hui des installations de 100 000 pieds carrés qui sont occupées à 100 %.