L’agente de maillage de l’ARTERRE pour la MRC de Papineau, Andréane Sabourin

La MRC de Papineau se joint à L’ARTERRE

Le jumelage entre aspirants-agriculteurs et propriétaires fonciers ou agriculteurs sans relève est maintenant simplifié dans la MRC de Papineau.

À l’instar de plusieurs autres Municipalités régionales de comté au Québec depuis le printemps dernier, c’est au tour de la MRC de Papineau de lancer le programme L’ARTERRE sur son territoire. Pontiac et la Vallée-de-la-Gatineau sont les deux autres MRC de l’Outaouais à miser sur ce service gratuit et confidentiel de maillage axé sur l’accompagnement et le jumelage dans le but de faciliter l’accès au monde agricole.

Même si sa banque de données est en opération depuis le 1er juillet, la MRC de Papineau a procédé mercredi au lancement officiel du service, à l’intérieur des murs de la ferme Brylee, à Thurso.

L’agente de maillage de l’ARTERRE pour la MRC de Papineau, Andréane Sabourin, parle littéralement d’un système de type « agence de rencontres » pour décrire le projet.

« Les gens s’inscrivent soit comme propriétaires fonciers, producteurs ou comme aspirants. On a deux bases de données et on fait des jumelages entre ces gens-là. Ça peut être des jumelages pour des achats de terre, des transferts d’entreprises, des locations avec ou sans option d’achat ou des partenariats d’affaires visant à diversifier une entreprise. [...] C’est fait spécifiquement selon les besoins de chacune des parties », a-t-elle résumé.

Présentement, environ une vingtaine de dossiers sont ouverts dans les bases de données de Papineau. Aucun maillage n’a encore été réalisé. Aucun objectif n’a d’ailleurs encore été ciblé pour cette première année d’opération, a précisé Mme Sabourin. Lancé en mars 2018 et coordonné à l’échelle provinciale par le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ), ce nouveau service en est à ses balbutiements.

« C’est un tout nouveau programme. C’est sûr que de mettre tout de suite des cibles de jumelage, on pourrait faire des jumelages rapides, mais on aime mieux faire des bons jumelages. C’est la crédibilité du service qui est en jeu et on aime mieux prendre le temps de s’assurer d’avoir de bons résultats que d’en faire le plus possible », a mentionné Mme Sabourin.

Dynamiser le secteur agricole

Selon Mme Sabourin, le principal défi pour la région demeure la promotion du territoire. La majorité des clients abonnés au service sont des propriétaires fonciers.

« On a plus de propriétaires que d’aspirants. On a le problème inverse des autres régions où on retrouve plein d’aspirants et peu de terres disponibles. Ici, notre défi est de faire connaître aux aspirants à quel point Papineau est le meilleur endroit où s’installer », a souligné l’agente de maillage.

Des tournées dans les établissements offrant des formations en agriculture seront notamment organisées afin d’attirer des fermiers de l’extérieur, a-t-elle ajouté.

Le vice-président du Syndicat de la relève agricole Laurentides-Outaouais, Jonathan Charron, dont la ferme familiale est basée à Saint-André-Avellin, croit que l’arrivée de L’ARTERRE dans la MRC de Papineau pourrait permettre d’attirer l’œil de jeunes agriculteurs en devenir.

« Ici en Outaouais, ce qui est vraiment intéressant pour la relève, c’est le prix des propriétés, si on se compare avec la Mauricie, la Montérégie ou Lanaudière par exemple, où les prix des terres continuent d’augmenter. Pour une relève, l’acquisition d’une terre est un défi énorme », a indiqué M. Charron.

Le préfet suppléant de la MRC de Papineau et maire de Ripon, Luc Desjardins, a pour sa part bon espoir que ce nouvel outil permettra d’aider le territoire à dynamiser le secteur agricole. Au total, 65 000 hectares se retrouvent en zone agricole sur le territoire, a-t-il rappelé. De ce nombre, un pourcentage considérable, quoique non chiffré, est en friche.

« Les terres ne changeront pas de place. Elles vont rester dans nos municipalités. Il s’agit de les remettre en culture, d’en faire une industrie et de faire rouler l’économie de nos municipalités. C’est le premier geste du Plan de développement de la zone agricole qu’on pose », a affirmé M. Desjardins.