La lutte au roseau commun dans la Petite-Nation s’intensifie.

La lutte au roseau commun s’intensifie aux abords de la 148

La guerre que livre depuis 2018 Lochaber Canton et les municipalités environnantes contre le roseau commun, cette plante reconnue pour étouffer la biodiversité partout où elle pousse, passe en deuxième vitesse. Avec l’appui de Montebello, Notre-Dame-de-Bonsecours, Fassett et Lochaber-Ouest, la Municipalité de Lochaber Canton demande à la MRC de Papineau une aide financière dans le but d’étendre le rayon de coupe de cet envahisseur à tous les chemins municipaux et provinciaux à proximité de la route 148.

« On veut atteindre toute la route 148, les bandes riveraines et les bords de chemins. Nous sommes les voisins du Parc national de Plaisance qui est un des seuls parcs nationaux de la province à avoir un contrôle sur le roseau commun. On ne veut pas que cette plante se rende à nos terres, parce que quand le roseau commence quelque part, il détruit tout le reste. Ça se répand facilement et on peut oublier la biodiversité et l’intérêt paysager », explique Alain Gamache, maire de Lochaber Canton, localité qui porte ce dossier à bout de bras depuis deux ans.

Lochaber Canton, Plaisance et Papineauville, en partenariat avec le ministère des Transports et la Société des établissements de plein air du Québec, ont amorcé en septembre 2018 de premières coupes de colonies de roseaux communs en bordure de la route 148, entre Papineauville et Masson-Angers, dans l’est de Gatineau.

Une seconde vague de fauchage a été exécutée à l’automne 2019, après quoi d’immenses bâches spéciales ont été installées sur les pousses taillées.

Ces toiles doivent rester en place durant deux à trois années afin de tuer les racines de la plante, lesquelles sont résistantes et peuvent tomber en mode dormance.

De l’ensemencement sera ensuite effectué afin d’éviter que le roseau commun revienne à la charge.

Une deuxième offensive

La MRC avait accordé une enveloppe de 25 000 $ pour la réalisation de cette première phase de travaux. Il est maintenant temps de passer à la deuxième phase de travaux pour stopper la propagation de cette vivace, souligne le maire Gamache.

L’objectif est d’étendre les étapes à Montebello, Notre-Dame-de-Bonsecours, Fassett et Lochaber-Ouest. C’est pourquoi Lochaber Canton vient de déposer une nouvelle demande de subvention de 61 000 $ dans le cadre du Programme de soutien aux projets structurants de la MRC de Papineau. Si la requête est acceptée, le regroupement de municipalités devrait obtenir 80 % de financement pour entamer les opérations de contrôle dans ces autres localités dès l’été qui vient.

Selon M. Gamache, pour que le Parc national de Plaisance et les campagnes agricoles de la Petite-Nation demeurent protégés de cette espèce envahissante, il faut impérativement élargir le rayon d’action d’un point de vue géographique.

« Quand on regarde nos cartes, de Mirabel à Montréal et de Gatineau jusqu’à Masson, c’est presque une ligne continue. Il y en a partout de ces roseaux. Dans Papineau, c’est encore une ligne en pointillé. On a espoir de pouvoir avoir un contrôle, mais il y a beaucoup de travail à faire. On devrait savoir si notre plan a fonctionné au bout de cinq ans », affirme le maire de Lochaber Canton.

Selon le site Internet du ministère québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, le roseau commun, aussi connu comme étant le phragmite commun, est une grande plante vivant dans les milieux humides qui peut atteindre une taille variant entre 1,5 et 2,5 mètres de hauteur lorsqu’elle atteint l’âge adulte. On retrouve souvent celle-ci dans les fossés bordant les autoroutes.