Edgar Prud’homme, comme d’autres riverains, doit se déplacer en bateau à moteur.

Inondations: les pics de cette semaine attendus avec appréhension [PHOTOS]

Des riverains du chemin du Fer-à-Cheval à Masson-Angers gardent le moral malgré le débordement de la rivière des Outaouais dans leur secteur. Toutefois, ils redoutent les pics attendus mardi et mercredi alors que le niveau de l’eau devrait dépasser celui de 2017.

« On va réparer. On n’a pas le choix. On va se retrousser les manches et on repart », a lancé dimanche Lynne Forget, dont la maison a été évacuée jeudi dernier en raison de l’accumulation d’eau dans le sous-sol.

Les riverains sont mieux préparés que lors de la crue des eaux d’il y a deux ans. 

Ils ont eu plus de temps pour monter leurs meubles et autres biens du sous-sol aux étages supérieurs.

« Nous n’avons rien laissé au premier étage aussi parce que l’eau va l’atteindre. 

Nous n’avons pas pris de chance », a souligné Mme Forget, qui prend la situation une journée à la fois.

Les sinistrés ont aussi déplacé leurs véhicules sur le chemin du Quai. 


C’est à l’aide d’embarcations qu’ils se rendent sur la terre ferme. Il faut préciser que dimanche la rivière était sortie de son lit sur plus de 270 mètres sur le chemin du Quai.

Le gouvernement fédéral a interdit la navigation dans les zones touchées par les inondations printanières, dont sur la rivière des Outaouais entre Ottawa et Gatineau et entre Gatineau et le barrage hydro-électrique de Carillon. 

Les autorités comme la police, les pompiers et les militaires ne sont pas visées par la restriction. 

Le directeur adjoint du Service de police de la Ville de Gatineau, François Duguay, a cependant indiqué que les résidents touchés par les inondations seront tolérés en embarcation.  

« Il y a tolérance, à moins que ça devienne dangereux », a précisé M. Duguay lors d’une conférence de presse de la Ville de Gatineau, dimanche.

Edgar Prud’homme arrivait à une marina de fortune dans un zodiac avant de s’entretenir avec Le Droit, dimanche matin. 

Il venait chercher son gendre venu l’aider pour boucher les fenêtres de son sous-sol. Ni son terrain ni sa fondation ne sont inondés, mais la crue prévue cette semaine l’inquiète.

« Je mets des planches devant les fenêtres en prévision de la hausse du niveau de la rivière, et en cas de vagues, pour empêcher l’eau d’entrer dans la maison », a-t-il expliqué.

Plusieurs personnes sur le chemin du Fer-à-Cheval ont évacué leur résidence.

Les riverains craignent les pointes attendues mardi et mercredi, alors que le niveau des eaux devrait dépassé celui de 2017.

Solidarité et générosité

Encore en fin de semaine, des Gatinois par centaines se sont activés sans relâche dans les nombreux secteurs inondés et à risque d’inondation. Ils ont rempli des sacs de sable, solidifié des digues et transporté des sinistrés à l’aide d’embarcations.

À l’angle des rues Watt et de Versailles dans le secteur du boulevard Hurtubise, des résidents ont construit un rempart avec de la boue, le tout coiffé par des sacs de sable. Un travail colossal pour protéger leur maison.

« On essaie de sauver les meubles, et jusqu’à présent ça marche », a indiqué un propriétaire.

Le conseiller municipal du district Lac-Beauchamp, Jean-François LeBlanc, comme bien d’autres, s’affaire jour et nuit à aider ses concitoyens sinistrés. 

Muni d’une chaloupe, il a, entre autres, transporté samedi matin un électricien venu réparer la pompe d’une résidence d’une zone sinistrée.

« Ça aide les gens lorsqu’ils ont besoin de quelqu’un à la maison. 

On a transporté le père d’un sinistré qui est venu quelques jours pour l’aider », a cité en exemple M. LeBlanc en entrevue avec Le Droit alors qu’un bulldozer chargé de sacs de sable passait à ses côtés pour aller livrer sa marchandise.