La mairesse de Pontiac, Joanne Labadie, soutient que la municipalité se trouvait devant une impasse et, si une telle hausse n’était pas adoptée pour les immeubles non-résidentiels, il aurait fallu augmenter les taxes d’environ 10 % pour l’ensemble des quelque 4000 résidences sur le territoire de Pontiac.

Hausse de taxes à Pontiac : surprise chez les entrepreneurs

À la grande surprise de certains entrepreneurs du coin, la municipalité de Pontiac a haussé de façon importante pour les bâtiments non-résidentiels cette année.

Le taux de taxation pour ces immeubles a grimpé de 63 %, passant de 0,677 8 (par tranche de 100 $ sur le rôle d’évaluation) à 1,104 9. Pour le propriétaire du Dépanneur Eardley situé sur la route 148, dans le secteur de Luskville, ça représente une hausse de plus de 800 $ sur sa facture de taxes foncières.

« C’est raide à avaler d’une année à l’autre, affirme l’homme d’affaires Éric Levasseur. C’est vrai, si on se compare à Gatineau, ce n’est pas cher, mais on n’a pas les mêmes services qu’à Gatineau. »

La mairesse de Pontiac, Joanne Labadie, défend cette décision en affirmant d’abord et avant tout qu’elle a été rendue nécessaire par une situation financière précaire dans la municipalité.

Les désastres naturels des deux dernières années, notamment la crue historique du printemps 2017 et les tornades de l’automne dernier, causent une pression financière importante pour la petite ville. 

L’évaluation foncière de nombreuses propriétés a été revue à la baisse après les sinistres et les nouvelles constructions ont été moins nombreuses, affirme Mme Labadie.

« Après l’inondation, on a vu une décroissance dans notre municipalité. C’est dommage parce qu’il y avait une croissance assez soutenue dans les années précédentes », explique la mairesse.

À cela s’ajoute l’entrée en vigueur de nouvelles conventions collectives pour de nombreux employés de la Ville, alors que les dernières ententes étaient échues depuis au moins trois ans. Ça implique des augmentations de salaire et le versement de payes rétroactives.

Retour du balancier

Joanne Labadie soutient que la municipalité se trouvait devant une impasse et, si une telle hausse n’était pas adoptée pour les immeubles non-résidentiels, il aurait fallu augmenter les taxes d’environ 10 % pour l’ensemble des quelque 4000 résidences sur le territoire de Pontiac.

Le conseil municipal a plutôt choisi d’augmenter significativement les taxes des immeubles non-résidentiels — une catégorie qui comprend notamment les bâtiments à vocation commerciale — puisque ceux-ci ont, historiquement, toujours bénéficié d’un taux très bas, similaire aux édifices résidentiels. L’augmentation ramène le taux de taxes dans la moyenne des autres municipalités de la MRC des Collines-de-l’Outaouais.

La mairesse de Pontiac admet cependant que la nouvelle aurait pu être mieux communiquée aux citoyens. 

La Ville étant à la recherche de trois personnes pour pourvoir des postes clés — un directeur général, un directeur général-adjoint et un directeur des communications —, l’information ne s’est pas rendue aux résidents dans les délais appropriés.

« On publie un pamphlet chaque année pour expliquer les taxes et comment la municipalité en est arrivée à ces prix. Plusieurs plaintes que j’ai eues, c’est que les gens n’ont pas reçu le pamphlet avant d’avoir la facture », dit Mme Labadie.