Le Parc Omega se retrouve dans la fiche sectorielle des zoos et aquariums même si son parcours se fait en voiture.
Le Parc Omega se retrouve dans la fiche sectorielle des zoos et aquariums même si son parcours se fait en voiture.

Frustration et incompréhension au Parc Omega

Disposée depuis plusieurs semaines à rouvrir ses installations de Montebello, la direction du Parc Omega déplore que le gouvernement du Québec ne lui ait toujours pas donné le feu vert pour qu’elle reprenne ses opérations alors que les parcs régionaux, les campings et même les ciné-parcs peuvent désormais accueillir des visiteurs, malgré la pandémie de COVID-19.

Le Parc Oméga situé à Montebello, en Outaouais, et le Parc Safari, basé à Saint-Bernard-de-Lacolle, en Montérégie, ont effectué une sortie publique conjointe par voie de communiqué, mercredi, afin de dénoncer «qu’une réouverture de leur parcours safari en voiture individuelle ne soit toujours pas permise» par les autorités.

Les deux sites d’attractions offrent des parcours d’observation d’animaux en voiture, mais le gouvernement ne permet toujours pas à ces entreprises d’accueillir des clients.

Au Parc Omega, dans la Petite-Nation, un protocole sanitaire adapté à la pandémie de COVID-19 a été élaboré afin de garantir la sécurité et la santé des employés, des visiteurs et des animaux, clame le directeur de l’exploitation de l’endroit, Charles de Reinach.

Plusieurs aménagements ont été apportés ce printemps aux infrastructures intérieures et extérieures du site dans le but de respecter les mesures sanitaires imposées par le gouvernement.


« On nous a peut-être oubliés. »
Charles de Reinach

Pourtant, le parc de 2000 acres doit encore demeurer fermé au public, peste M. de Reinach, alors que le Zoo de Toronto, du côté de l’Ontario, qui a investi massivement dans ses infrastructures pour transformer son sentier pédestre en sentier dédié aux véhicules, a finalement repris ses activités il y a peu de temps.

«Il y a vraiment une incompréhension. Ce qui a été la goutte qui a fait déborder le vase de notre côté, c’est quand le gouvernement du Québec a annoncé la réouverture des ciné-parcs. Par rapport aux zoos ou à d’autres institutions du genre, nous sommes un peu comme un ciné-parc. Les gens font toute la route dans leur véhicule, à partir de chez eux, et ils continuent leur route, dans leur véhicule, dans le parc. C’est sécuritaire ce que nous offrons», affirme M. de Reinach.

Québec devrait permettre des dérogations pour les parcours en voiture, alors que le Parc Omega, tout comme le Parc Safari, se retrouvent dans la fiche sectorielle des zoos et aquariums, fait valoir ce dernier. Les autorités québécoises n’ont pas encore annoncé leur plan de déconfinement pour ce secteur d’activités précis. Le produit du Parc Omega a la particularité d’offrir déjà à la base une distanciation physique, de par sa nature, soutient M. de Reinach.

La direction du Parc Omega ne comprend pas pourquoi le gouvernement du Québec ne l’autorise pas à reprendre les opérations.

«Je ne veux pas casser du sucre sur le dos des autres, mais si on prend d’autres secteurs comme le cinéma par exemple, les ciné-parcs ouvrent, mais pas les salles de cinéma. Dans la catégorie de la restauration, les chaînes de restauration rapide ont pu demeurer ouvertes, mais pas les autres. Pourquoi nous, dans notre secteur d’activités, veut-on tout traiter en même temps? Peut-être que c’est parce que nous ne sommes que deux parcs animaliers visités en voiture au Canada? On nous a peut-être oubliés. Il faudrait au moins nous permettre de redémarrer. Sachant qu’on peut ouvrir, on ne veut pas devenir des demandeurs de fonds publics», plaide M. de Reinach.

En attendant que Québec donne son aval aux deux parcs animaliers, ce sont 51 employés permanents mis à pied qui attendent à la maison depuis la mi-mars, rappelle le directeur de l’exploitation de l’entreprise. Sans visiteurs aux guichets depuis près de trois mois, le Parc Omega doit également continuer de payer les factures destinées aux soins des animaux, à l’entretien des lieux et à la sécurité, notamment.

«En plus, nous avons pour plus d’un million de dollars en projets de développement qui sont sur la glace en ce moment. Ce sont des sous-traitants, des entreprises locales et des fournisseurs d’ici qui sont affectés», ajoute M. de Reinach.