Les résidents de la Grande Presqu'île, à Plaisance, ne sont plus coupés de la civilisation.

Fin de l'isolement à Plaisance

Les résidents de la Grande Presqu'île, à Plaisance, ne sont plus coupés de la civilisation depuis mardi après-midi. La municipalité a rouvert le chemin de la Grande-Presqu'île , fermé depuis le 4 mai.
La cinquantaine de citoyens qui avaient refusé de se plier à l'évacuation préventive émise par la municipalité peuvent donc pousser un soupir de soulagement. 
Plaisance et ses ingénieurs conseils ont procédé mardi matin à une vérification de la capacité de portance du chemin de la Grande-Presqu'île à l'aide d'un véhicule lourd de 25 tonnes. Les résultats ont été concluants, a confirmé le directeur général et coordonnateur des mesures d'urgence de Plaisance, Paul St-Louis. «On a retrouvé le chemin dans un meilleur état qu'on s'attendait. C'est certain qu'il y avait des débris, mais nous avons tout nettoyé», a-t-il mentionné.
Rappelons que le débordement des eaux de la rivière des Outaouais et l'affaissement de certains tronçons du chemin au plus fort de la crue printanière ont forcé les autorités à boucler celui-ci et à évacuer l'île au début du mois. 
Même si les automobilistes peuvent de nouveau circuler, certaines restrictions routières seront cependant en vigueur puisque des travaux devront notamment être réalisés sur les lieux. Les véhicules lourds devront respecter la capacité de charge établie lors des périodes de dégel jusqu'au 2 juin et la vitesse sera réduite à 30 km/h jusqu'à la fin du mois de juillet. L'accès au chemin sera également limité à la circulation locale jusqu'à nouvel ordre. 
Francis Lavigne, un insulaire de la Grande Presqu'île qui faisait la navette en chaloupe sur la rivière des Outaouais pour rejoindre la terre ferme à Papineauville depuis la fermeture du lien routier, se dit bien heureux que les résidents de l'endroit puissent retrouver leur cours de vie normale. 
Le retraité applaudit les efforts de solidarité et le travail des bénévoles qui ont donné un coup de pouce pendant la période d'isolement, mais déplore que les élus et les employés municipaux n'aient pas géré la situation autrement. M. Lavigne soutient qu'un rehaussement de la chaussée aurait pu être fait temporairement, comme ce fût le cas pour le chemin des Presqu'îles où le ministère des Transports du Québec a effectué des travaux visant à permettre une circulation en alternance pendant les inondations dans le but que les propriétaires de la rue Martin ne se retrouvent pas pris en souricière.
«Nous avons été traités comme des moins que rien. On a nous a raconté des blagues en nous disant que le chemin allait s'écrouler. La municipalité a fait des dépenses pour la rue Martin qu'on a jamais voulu faire pour les gens de la Grande Presqu'île», pestait hier M. Lavigne.
«Certaines personnes avaient des patrons très compréhensifs qui leur ont permis de travailler à partir de la maison, mais nous avons des gens qui ont perdu des quarts de travail», a-t-il ajouté.
Le directeur général de Plaisance rétorque qu'il aurait été «impensable» de rehausser le chemin de la Grande-Presqu'Île sur les trois kilomètres les plus affectés par la crue des eaux. Les dépenses pour le chemin des Presqu'îles ont été assumés par Québec, a-t-il par ailleurs assuré. 
«Le MTQ a eu besoin d'une journée pour faire 100 mètres. Pour trois kilomètres, ça nous aurait pris 30 jours de reconstruction. C'était impensable. Nous serions encore en train de refaire le chemin», a illustré M. St-Louis.