L’accès à la Grande Presqu’Île de Plaisance est complètement bloqué par les eaux. À Papineauville, les élus ont prolongé l’état d’urgence pour cinq autres journées.

Entre optimisme et fatigue

Les élus de Papineauville ont prolongé l’état d’urgence pour cinq autres journées, alors que le niveau de l’eau de la rivière des Outaouais devrait encore augmenter dans les prochaines heures.

On dénombrait encore hier 37 résidences principales et 35 résidences secondaires inondées sur le territoire de Papineauville. Les secteurs de la route 148 et des rues Lombard, Colle, Lionel, Servant, Major, Laflamme, Henri-Bourassa sud, Asa-Cooke, St-Julien et Papineau sont encore touchées par le décret de l’état d’urgence qui a été reconduit mardi. C’est le cas aussi du chemin de la Rouge et du chemin Steen, même si les 17 résidents évacués de ce secteur ont pu réintégrer leur domicile dimanche à la suite de travaux de rehaussement de la chaussée qui avait été submergée par le débordement de la rivière Petite-Nation.

« On a rencontré la Sécurité publique qui est venue visiter nos installations avec l’armée. On nous a dit qu’on était très bien préparé pour faire face aux prochaines augmentations du niveau de l’eau », a indiqué le maire de Papineauville, Christian Beauchamp.

Si les citoyens affectés par la crue printanière sont mieux outillés et préparés qu’en 2017, la situation est cependant de plus en plus éreintante depuis les derniers jours, souligne le maire Beauchamp.

Huit évacuations étaient  comptabilisées au moment d’écrire ces lignes. Ce chiffre pourrait toutefois augmenter si la rivière des Outaouais gonfle trop d’ici demain.

« On sent beaucoup de fatigue depuis mardi. Il y a des gens qui commencent à penser à quitter si les niveaux augmentent considérablement. Quand ça dure longtemps, la fatigue embarque et il y a toujours un plus grand risque que les digues brisent », note M. Beauchamp qui s’attend à une décrue longue d’au moins deux à trois semaines.

La municipalité souhaite maintenant rassurer ses sinistrés sur le fait que les questions administratives reliées aux indemnisations et programmes gouvernementaux seront abordées le plus tôt possible.

« Les gens commencent déjà à poser des questions concernant l’argent. On va attendre de passer la fin de semaine et de se reposer avant d’aborder ces questions-là, mais nous, du côté de la municipalité, nous avons déjà pris des démarches pour tenir des rencontres rapidement avec le ministère de la Sécurité publique », a mentionné M. Beauchamp.

Résidents isolés à Plaisance

Par ailleurs, pour ce qui est du village voisin de Plaisance, où l’accès par voie routière à la Grande Presqu’Île est complètement bloqué par les eaux de la rivière des Outaouais depuis vendredi dernier, on a annoncé en fin de journée, hier, qu’une brigade composée d’intervenants en sécurité incendie et de membres des Forces armées canadiennes visitera jeudi les citoyens de l’île.

« Le but de la visite est de s’assurer de la sécurité et de l’état physique et mental des gens qui ont décidé de rester chez-eux malgré les avis d’évacuation émis », peut-on lire dans l’avis publié par la municipalité de Plaisance.

Selon le décompte fourni par les autorités municipales de Plaisance, 56 personnes auraient décidé de demeurer sur la Grande Presqu’Île afin de ne pas abandonner leur domicile lorsque l’évacuation a été ordonnée il y a six jours.