Une résidence de la Petite-Nation localisée aux abords d’une rivière verra son prix médian gonfler de 5,4 %, pour passer de 147 000 $ à 155 000 $.

Des maisons plus chères dans la Petite-Nation

À l’instar de la tendance observée à l’échelle canadienne, le marché immobilier de la Petite-Nation, en Outaouais, devrait connaître une légère hausse du prix de ses propriétés récréatives en 2018.

C’est ce qui ressort d’un vaste sondage national publié mercredi par l’agence immobilière Royal LePage et dans lequel on révèle que le prix moyen d’une propriété récréative au Canada devrait augmenter de 5,8 % sur 12 mois pour atteindre 467 764 $, selon les prévisions anticipées du marché d’ici la fin de l’été. L’entreprise explique le phénomène par le fait que « les acheteurs d’un bout à l’autre du pays affluent vers les lacs et rivières, littoraux et flancs de montagne à la recherche d’une résidence secondaire pour y passer leur retraite ou y élever leurs enfants », peut-on lire dans l’étude.  

Au Québec, le prix d’une propriété récréative devrait atteindre une croissance de 2,7 % au cours de l’année à venir. Pour la province de l’Ontario, la hausse anticipée est de 9,4 %.

Dans la région, la Petite-Nation, le seul secteur de l’Outaouais passé au peigne fin par l’agence immobilière dans le cadre de ce sondage, n’échappe pas à la tendance. Selon le tableau de prévisions élaboré par Royal LePage, la valeur d’une propriété récréative – ou de villégiature – située au bord d’un lac ou d’une rivière augmentera de 7,3 % dans le sud de la Petite-Nation au terme de la prochaine année, pour passer de 275 000 $ à 295 000 $. En ce qui concerne les propriétés non riveraines, toujours pour le sud du secteur, leur valeur devrait bondir de 5,4 % pour atteindre 180 000 $ d’ici les 12 prochains mois. 

Dans le nord de la Petite-Nation, les valeurs sont également à la hausse. Une résidence localisée aux abords d’une rivière verra son prix médian gonfler de 5,4 %, pour passer de 147 000 $ à 155 000 $, alors que celle nichée à proximité d’un lac devrait voir sa valeur grimper de 5 %, ce qui représenterait une hausse de 218 000 $ à 229 000 $. Pour les résidences non riveraines du nord, l’indice de croissance est chiffré à 3 %.

Selon Richard Beaulieu, directeur d’agence pour le compte de Royal LePage Vallée de l’Outaouais, ces données, même si elles sont limitées au secteur de la Petite-Nation, démontrent que le marché de la villégiature et du récréatif vit une embellie en ce moment dans l’ensemble de la région. Après des années un peu plus tranquilles, le nombre d’acheteurs semble désormais à la hausse. « L’économie est meilleure et les gens veulent ce genre de propriétés. Ils sont prêts à faire des sacrifices pour l’obtenir », affirme M. Beaulieu.

L’arrivée de l’autoroute 50 ouverte sur toute sa longueur depuis la fin 2012 a assurément un lien avec ces prévisions à la hausse pour la Petite-Nation, croit M. Beaulieu. « Les gens de la génération X (36-51 ans) sont prêts à aller vivre de façon permanente dans une maison récréative et se taper plus de temps en voiture pour aller au travail afin de jouir de leur ilot de paix à l’extérieur de la ville. C’est certain que l’autoroute 50 est bénéfique pour cette région-là spécifiquement, à cause de l’accessibilité. Il y a aussi toute la mécanique du financement qui joue aussi dans la balance. Quand on achète une belle maison sur le bord d’un lac et qu’on l’habite de façon permanente, on demande 10 % de mise de fonds. Si tu achètes la même propriété comme maison secondaire, on va te chercher 40 % de mise de fonds », explique-t-il.

Un marché pour acheteurs locaux

Autre fait intéressant, l’analyse de Royal LePage soulève que la région de la Petite-Nation attire davantage d’acheteurs locaux en raison du prix abordable des propriétés récréatives présentes sur son territoire. Une situation diamétralement opposée à celle de Mont-Tremblant, dans les Laurentides, où les résidences haut de gamme sont essentiellement convoitées par des acheteurs internationaux, souligne-t-on dans l’analyse. À titre d’exemple, une propriété récréative aménagée en bordure d’un lac coûtait en moyenne 900 000 $ à Mont-Tremblant, en 2017. 

Pour réaliser son étude, Royal LePage a interrogé 200 courtiers immobiliers se spécialisant dans la vente de propriétés récréatives à travers le Canada, entre le 15 mai 2018 et le 1er juin 2018. Chaque répondant devait compléter un sondage composé de 20 questions, lesquelles abordaient notamment les tendances régionales du marché immobilier récréatif, la démographie des acheteurs et vendeurs, l’activité des acheteurs étrangers et les niveaux de ventes.

À noter que le Canada atlantique (-8,1 %), la Colombie-Britannique (-2,8 %) et le Manitoba (-0,9 %) sont les seules provinces ou groupes de provinces où on anticipe une chute des prix.