Environ 400 arbres, pour la grande majorité des frênes, seront abattus au cours des prochains mois sur le territoire du parc national de Plaisance.

Des centaines d’arbres seront abattus au parc national de Plaisance

Environ 400 arbres, pour la grande majorité des frênes, seront abattus au cours des prochains mois sur le territoire du parc national de Plaisance afin de rendre les 130 emplacements de camping sécuritaires pour les usagers, en vue de la prochaine saison estivale.

La Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) vient d’accorder un contrat de 31 800 $ aux Conseillers forestiers de l’Outaouais pour l’abattage de frênes touchés par l’agrile et d’autres arbres dangereux qui ont été répertoriés au cœur du parc bordé par la rivière des Outaouais.

« Nous avons fait un inventaire des arbres dangereux. On parle d’environ trois à quatre arbres qui seront coupés par espace de camping en milieu forestier. Au niveau de l’impact visuel, ça devrait être peu ressenti. Au besoin, on pourra replanter des essences. On va vraiment couper les grands frênes qui pouvaient être dangereux, mais nous allons garder les plus petits pour conserver l’intimité des sites », précise Jean-François Houle, responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national de Plaisance.

Il s’agira probablement de la plus importante taille d’arbres à survenir sur le territoire du parc dans un horizon à long terme, alors que les frênes malades se trouvant en zone naturelle de préservation ne seront pas ciblés. « C’était vraiment une question de sécurité pour le camping », note M. Houle.

L’agrile, cet insecte destructeur bien connu pour ravager depuis 2002 les populations de frênes à travers le Canada, a fait son apparition dans la grande région d’Ottawa-Gatineau en 2010. Sa première incursion dans le parc national de Plaisance a été enregistrée en 2015.

Améliorer la résilience des forêts

Cet insecte n’est pas le seul ennemi de la biodiversité au sein du parc national. Le nerprun cathartique et le roseau commun sont des arbustes et plantes qui menacent également le paysage forestier régional, souligne M. Houle.

Depuis deux ans, la direction du parc national de Plaisance travaille, en collaboration avec l’Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT) de l’Université du Québec en Outaouais, sur un projet d’étude visant à rendre le territoire du parc résilient face aux espèces envahissantes, aux parasites et aux impacts causés par les changements climatiques. Le projet qui doit prendre fin en 2022 est piloté par le professeur François Lorenzetti et ses étudiants.

« On entend beaucoup parler du frêne comme arbre ornemental et des impacts de la disparition de celui-ci dans les villes, mais il y a très peu d’études sur ce qui va se passer avec nos forêts quand les frênes matures vont disparaître. On se demande quel sera l’impact sur les écosystèmes. C’est ce qu’on regarde avec ce projet », résume M. Houle.

« Avec les changements climatiques, il y aura une migration des espèces vers le Nord. Pour que cela se fasse correctement, il faut maintenir une biodiversité interconnectée pour que la migration se poursuive et que ça ne devienne pas un cul-de-sac. On doit tous travailler pour préparer nos territoires à devenir résilients face aux changements à venir et l’ISFORT nous aide de côté là », ajoute-t-il.

Le parc national de Plaisance, qui s’étend sur une superficie de 28,1 kilomètres carrés, abrite une cinquantaine d’espèces d’arbres différentes, selon le plus récent inventaire réalisé par l’ISFORT.