Le maire de Fassett, Éric Trépanier, décédé mardi après avoir chuté du haut d’un silo à grains.

Décès du maire de Fassett: élus et producteurs sous le choc

La sphère politique municipale de la Petite-Nation et la communauté agricole régionale sont en deuil au lendemain de la mort tragique du maire de Fassett, Éric Trépanier, décédé mardi alors qu’il effectuait des travaux sur sa ferme et qu’il aurait chuté du haut d’un silo à grains.

Les collègues échevins de M. Trépanier ont tenu mercredi matin une réunion d’urgence afin de décider comment sera gérée la Municipalité en attendant de trouver un remplaçant à M. Trépanier, qui avait été élu premier magistrat de Fassett en novembre 2017.

Joint par Le Droit, le maire suppléant et conseiller du siège numéro 6, Jean-Yves Pagé, était encore ébranlé par les événements.

« La plus grosse pensée que nous avons en ce moment, elle va pour la famille. En ce qui concerne notre responsabilité envers la Municipalité, nous allons tenter de remplacer le plus fidèlement possible le maire. La situation d’urgence sera réglée à l’interne », a commenté M. Pagé.

Au niveau régional, le drapeau de la MRC de Papineau a été mis en berne, mercredi midi, et va le demeurer jusqu’aux funérailles de M. Trépanier, a confirmé le préfet de la Municipalité régionale de comté et maire de Thurso, Benoît Lauzon. Les municipalités et organismes qui possèdent le drapeau de la MRC seront aussi invités à mettre celui-ci en berne lors de la journée des obsèques de l’élu.

« Nous sommes vraiment attristés. Pour avoir parlé avec plusieurs maires, c’est un choc pour les élus du territoire qui viennent de perdre un confrère de travail », a témoigné M. Lauzon.

La communauté agricole de la région est aussi secouée par la mort du maire Trépanier. Dans un communiqué de presse envoyé en fin de journée, mercredi, l’Union des producteurs agricoles (UPA) Outaouais-Laurentides a fait savoir qu’un « appel à la générosité de tous » avait été lancé afin de venir en aide à la famille du défunt.

« Nous sommes de tout cœur avec les proches de M. Trépanier, a déclaré le président de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides, Stéphane Alary. Ils vivent un deuil subit et doivent composer avec la pression énorme des opérations de la ferme, qui doivent se maintenir malgré tout. C’est une épreuve extrêmement difficile. »

« Nous avons mis en place une cellule de crise, sollicité des gens et les réponses ont vite afflué. Des producteurs se sont offerts pour battre, récolter et entreposer le grain. D’autres prendront soin des animaux jusqu’à ce que la famille soit en mesure de prendre une décision quant à l’avenir de l’entreprise », a pour sa part précisé Marie-Claude Thibault, directrice adjointe à la Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides.

La CNESST fera des recommandations

Du côté des autorités, on confirme que le décès de M. Trépanier est attribuable à un accident de travail. La Sûreté du Québec a indiqué mercredi que son enquête préliminaire était terminée. « Notre travail est de vérifier s’il n’y a pas d’élément criminel ou de négligence et il n’y a rien à ce niveau-là qui a été observé dans ce cas-ci », a affirmé le porte-parole du corps policier, Marc Tessier.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a pour sa part affirmé qu’il n’y aura pas d’enquête approfondie qui sera effectuée dans ce dossier puisque M. Trépanier était propriétaire de la ferme agricole où le drame a eu lieu et non employeur ou employé. Les inspecteurs dépêchés sur place, mardi, vont malgré tout livrer un rapport de recommandations.

Selon la CNESST, Éric Trépanier aurait fait une chute de 20 pieds. « Ce qu’on comprend de l’accident, c’est qu’on était en train de sortir du grain du silo et que le propriétaire tentait de débloquer quelque chose sur le toit parce que le grain ne coulait pas bien. C’est là qu’il a fait une chute vers l’extérieur du silo », a indiqué le porte-parole de la CNESST pour la région de l’Outaouais, Alain Trudel.

L’accès au silo en question demeure d’ailleurs interdit pour une durée indéterminée, a souligné le porte-parole de la CNESST.