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La Municipalité de Chénéville, en Outaouais, demande au ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec (MEI) de lui redonner son statut de «zone touristique» qu’on lui a retiré en juin 2020, sans quoi les conséquences sur les commerçants de son territoire et sur toute l’économie du nord de la Petite-Nation pourraient être considérables, craignent les élus.
La Municipalité de Chénéville, en Outaouais, demande au ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec (MEI) de lui redonner son statut de «zone touristique» qu’on lui a retiré en juin 2020, sans quoi les conséquences sur les commerçants de son territoire et sur toute l’économie du nord de la Petite-Nation pourraient être considérables, craignent les élus.

Chénéville veut récupérer son statut de «zone touristique»

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
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La Municipalité de Chénéville, en Outaouais, demande au ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec (MEI) de lui redonner son statut de «zone touristique» qu’on lui a retiré en juin 2020, sans quoi les conséquences sur les commerçants de son territoire et sur toute l’économie du nord de la Petite-Nation pourraient être considérables, craignent les élus.

Véritable centre de services du nord de la MRC de Papineau, en raison de la présence de plusieurs commerces de détail essentiels sur son territoire, Chénéville bénéficiait du statut de «zone touristique» à longueur d’année depuis 2004 jusqu’à ce que le MEI décide en 2020 de ne pas renouveler sa demande d’admissibilité pour une nouvelle période de cinq ans.

En Outaouais, seules Duhamel et Saint-André-Avellin possèdent maintenant ce statut qui permet principalement aux commerçants des municipalités détentrices de ce titre de déroger à la Loi sur les heures et les jours d’admission dans les établissements commerciaux afin d’ouvrir leurs portes lors des jours féries et en dehors des heures d’ouverture régulières prévues. La Loi régit également le nombre d’employés maximum qu’un commerce peut avoir sur le plancher, en fonction des heures de la journée.

Le conseil municipal de Chénéville, qui a obtenu la semaine dernière l’appui du conseil des maires de la MRC de Papineau par voie de résolution, s’explique mal comment le gouvernement a pu lui retirer ce statut alors que des milliers de touristes affluent dans les détaillants du village, été comme hiver, en raison de la concentration des activités et des attraits touristiques situés en périphérie immédiate, à Lac-Simon et Duhamel.

«Nous sommes le centre de services du nord de la Petite-Nation. Il n’y a aucun gros commerce à Lac-Simon ou Duhamel. On veut permettre à nos commerçants de donner le plus de services possible aux touristes. C’est prioritaire. Notre Metro, c’est la seule grosse épicerie dans le secteur. La quincaillerie, au niveau de la création d’emplois, c’est aussi important qu’elle puisse ouvrir à pleine capacité», affirme le maire de Chénéville, Gilles Tremblay.

Avec la pandémie de COVID-19, l’exode rural s’est accentué, si bien qu’il y a une plus forte concentration de gens qui habitent leur résidence secondaire même en période hivernale, fait remarquer M. Tremblay. Le «statut touristique» devient d’autant plus important, non seulement durant la haute-saison, mais aussi pour les autres mois de l’année.

«C’est un service minimum qu’on doit offrir. Les gens fréquentent encore plus notre région. Les chalets qui entourent nos municipalités sont plus habités. C’est important que les commerces puissent offrir un bon service», ajoute le maire Tremblay.

«On va tuer le nord»

Le maire de la municipalité voisine de Lac-Simon, Jean-Paul Descoeurs, accuse le MEI d’avoir commis une grave erreur en ne répondant pas favorablement à la demande d’admissibilité de Chénéville. M. Descoeurs affirme qu’il y a entre 12 000 et 15 000 villégiateurs et résidents qui habitent Lac-Simon pendant la saison estivale, par le biais des 2480 résidences ou 1200 emplacements de camping du territoire.

«Si Chénéville n’a pas ce statut, on va tuer le nord de la Petite-Nation. On va tuer le tourisme. C’est tout le développement de nos lacs qui est péril. Quand l’épicerie de Chénéville est fermée le dimanche, les gens ne vont pas commencer à faire une heure de route pour se rendre à Saint-André-Avellin», peste-t-il.

La MRC de Papineau a fait parvenir dans les derniers jours une copie de sa résolution d’appui à Chénéville au député de Papineau et ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, de même qu’au ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, ainsi qu’à la ministre du Tourisme, Caroline Proulx.