Un peu plus d’une centaine de personnes ont formé une chaîne humaine en face de l’école primaire Maria-Goretti, à Thurso. ­

Chaîne humaine pour une école de Thurso

Des membres du personnel et des élèves de l’établissement de l’école primaire Maria-Goretti, à Thurso, accompagnés de gens de la communauté et d’élus, ont participé à une activité de mobilisation devant l’établissement, mercredi après-midi, dans le but de faire pression sur le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) pour que celui-ci donne son feu vert au projet d’agrandissement de l’édifice.

Ils sont un peu plus d’une centaine de personnes à avoir formé une immense chaîne humaine symbolique en face de l’établissement, hier, laquelle représentait à l’échelle réelle la nouvelle aile de 482 mètres carrés qui pourrait être construite grâce au projet chiffré à 1,8 million de dollars. Les travaux d’agrandissement du bâtiment réclamés par la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV) permettraient l’ajout de quatre nouvelles classes au sein de l’école dont le niveau de capacité maximal a atteint le seuil de saturation. Au total, une centaine d’élèves supplémentaires pourraient intégrer les murs de l’établissement une fois le chantier terminé.

Rappelons que les élus de la CSCV ont déposé la demande d’agrandissement au MELS en juin 2017, au même moment où ils avaient également fait parvenir une requête pour la construction d’une nouvelle école primaire dans le secteur Buckingham.

Le président de la CSCV, Éric Antoine, le maire de Thurso, Benoît Lauzon, et le député de Papineau, Alexandre Iracà, étaient notamment présents à l’activité hier.

« On est ici pour démontrer au ministère de l’Éducation que la population de Thurso est mobilisée envers le projet d’agrandissement de l’école Maria-Goretti. La réalité, c’est que l’école est au maximum de sa capacité. Nous avons 259 élèves et on déborde sur les écoles avoisinantes. Les gens qui s’installent ici à Thurso doivent envoyer leurs enfants fréquenter l’école de Plaisance ou d’autres municipalités. Ce n’est pas une bonne situation pour nos jeunes et pour leur tissu social », a affirmé Éric Antoine, soulignant que la commission scolaire était maintenant « arrivée au bout du rouleau » en termes de capacité d’accueil des élèves dans plusieurs de ces établissements.

Pour le maire de Thurso, Benoît Lauzon, le débordement de l’école primaire Maria-Goretti représente littéralement un « frein au développement » de sa municipalité qui a vu près de 1000 nouveaux habitants venir s’installer sur son territoire depuis les quatre à cinq dernières années. Pour continuer à attirer de nouvelles familles dans la ville, l’offre en services scolaires doit suivre, plaide le premier magistrat.

« Nous avons un taux de croissance d’environ 5 % à 6 % par année. Nous sommes l’une des municipalités qui enregistrent le plus de croissance au Québec présentement. Nous sommes partis de 1050 portes à peu près et nous en avons bâti environ 500 depuis cinq ans. C’est comme si on avait doublé le nombre de portes à Gatineau. C’est énorme et notre école doit être capable de répondre à la croissance de notre développement », a mentionné le maire Lauzon.


«  Les gens qui s’installent ici à Thurso doivent envoyer leurs enfants fréquenter l’école de Plaisance ou d’autres municipalités..  »
Éric Antoine, président de la CSCV

« La première chose que les parents regardent quand ils viennent [magasiner une maison], ils visitent la cour d’école. Quand ils arrivent pour inscrire leur enfant, ils se font dire qu’il n’y a plus de place et que leur enfant devra aller dans une autre municipalité. Les parents virent de bord et vont ailleurs », a ajouté M. Lauzon, mentionnant au passage qu’il était « innaceptable » de déraciner des enfants afin de les envoyer suivre leurs classes dans une municipalité voisine de la leur.

De son côté, Alexandre Iracà indique avoir déjà abordé le dossier avec le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx. Optimiste de voir les travaux se concrétiser, il entend continuer de faire pression pour que le MELS donne son sceau d’approbation au projet alors que les investissements dédiés aux infrastructures scolaires ont été bonifiés à l’intérieur du plus récent budget Leitão. Une première vague d’annonce de projets pour les infrastructures scolaires doit avoir lieu en juin 2018 et une seconde aura lieu en 2019, a rappelé M. Iracà.