La maladie débilitante chronique (MDC) est une maladie évolutive mortelle du système nerveux chez le cervidé dont les symptômes s’apparentent à ceux de la vache folle.

Cervidés: les agents de la faune sont à pied d’œuvre

Ce sont plus de 300 cervidés qui seront abattus par les agents du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) ces prochaines semaines en Outaouais et dans les Laurentides alors que les autorités tentent d’éviter la propagation dans la nature de la maladie débilitante chronique (MDC) dont un premier cas détecté au Québec a été confirmé il y a deux semaines dans une ferme d’élevage à Grenville-sur-la-Rouge.

Des représentants du MFFP ont rencontré la population et les chasseurs, jeudi soir à Grenville-sur-la-Rouge, pour faire le point sur la situation. Une semaine après avoir décrété l’interdiction de chasser et de piéger tous les gibiers dans certains secteurs des zones 10 est et 9 ouest, en Outaouais et dans les Laurentides, les autorités assurent être à pied d’œuvre dans le but de faire de l’échantillonnage et de valider si la maladie s’est propagée en forêt sauvage. 

Au moins 80 bêtes ont déjà été abattues à l’intérieur du périmètre de 400 kilomètres englobant la zone d’interdiction de chasse. Du nombre, aucun n’était atteint de la MDC, cette maladie évolutive mortelle du système nerveux chez le cervidé dont les symptômes s’apparentent à ceux de la vache folle. 

« Malheureusement, on doit abattre des cerfs pour faire des prélèvements et des analyses afin de valider si oui ou non il y a eu propagation de la maladie. L’objectif, pour avoir un échantillonnage représentatif, c’est d’en abattre plus de 300. Évidemment, ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on fait ça, mais il n’y a pas d’autre façon pour vérifier si un cerf est atteint de la maladie que de faire des analyses en laboratoire. Pour l’instant, tous les résultats se sont avérés négatifs », indique M. Bégin, qui parle malgré tout d’une situation « préoccupante ».

Les agents de protection de la faune dépêchés par le ministère travaillent de pair avec un chasseur professionnel en provenance des États-Unis, souligne M. Bégin. Ce spécialiste américain avait participé aux mesures implantées dans l’État de New York, en 2005, lorsqu’un cas de MDC avait été identifié.

« Ce qui est intéressant avec l’État de New York, c’est qu’ils ont mis en place des mesures rapidement et ça s’est avéré très efficace. Il n’y a pas eu d’autres cas par la suite. On s’inspire grandement de ce qui a été fait là-bas », note M. Bégin.

Contagieux et résistant

L’agent pathogène responsable de la MDC est contagieux et hautement résistant, ce qui lui permet de rester plusieurs années dans l’environnement, selon la fiche d’information fournie par le MFFP. Détectée pour une première fois en 1967 au Colorado, la maladie peut se transmettre d’un cervidé à l’autre par contact direct ou indirect avec la salive, le lait ou les excréments d’un animal atteint. 

« C’est préoccupant du fait qu’il faut valider s’il y a eu propagation. Si c’était le cas, il faudrait l’enrayer le plus possible. Si cette maladie est introduite dans la nature sauvage, ça devient extrêmement difficile de l’arrêter. Il n’y a pas de vaccin ou de traitement qui existent pour l’enrayer », explique M. Bégin, à propos de l’urgence de la situation.

En plus de la zone d’interdiction de chasse en vigueur jusqu’au 18 novembre, les chasseurs tuant une bête à l’intérieur d’un rayon de 45 kilomètres du périmètre établi doivent se présenter à une station d’enregistrement du ministère pour faire analyser le cerf de Virgnie ou l’orignal abattu.

Même s’il n’y a aucune preuve scientifique directe que la MDC peut être transmise aux humains, Santé Canada recommande « que tout tissu pouvant provenir d’un animal connu d’être infecté par la maladie débilitante chronique ne soit pas utilisé ou consommé par les humains ».