Le maire de Notre-Dame-de-la-Salette, Denis Légaré
Le maire de Notre-Dame-de-la-Salette, Denis Légaré

Bisbille, relations tendues et multiples vetos à Notre-Dame-de-la-Salette

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
Pour une deuxième fois depuis 2018, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec (MAMH) est appelé en renfort afin de venir résoudre une crise au sein de l’hôtel de ville de la petite localité de Notre-Dame-de-la-Salette, dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais.

Dans une résolution adoptée en septembre, les élus de Notre-Dame-de-la-Salette ont demandé l’accompagnement au MAMH soutenant que «la Municipalité vit certaines difficultés sur le plan relationnel entre le conseil municipal, le maire et la direction générale» et que «ces difficultés entraînent des conséquences sur le fonctionnement de la Municipalité et le processus de prise de décision». 

La direction des communications du MAMH a confirmé au Droit que la Direction régionale de l’Outaouais accompagnait actuellement les membres du conseil et de l’administration de la Municipalité, à la suite de la demande logée en septembre. 

«La démarche d’accompagnement vise à améliorer les communications entre les membres et à mettre en place des processus afin d’améliorer le fonctionnement de la Municipalité. Une rencontre de groupe expliquant les rôles et les responsabilités a été tenue le 1er octobre dernier et des rencontres individuelles sont en cours. De plus, la direction régionale est en communication constante avec l’administration et les élus de la municipalité afin de répondre aux diverses questions opérationnelles», a-t-on précisé.

Ce n’est pas la première fois que l’aide de ce ministère est réclamée pour résoudre des conflits à l’intérieur de l’hôtel de ville de ce village situé à une trentaine de kilomètres au nord de Buckingham. En mai 2018, ce même conseil municipal avait demandé une intervention similaire alors qu’on s’inquiétait du départ «de plusieurs employés», dont celui de la directrice générale de l’époque qui avait claqué la porte dans la tourmente en dénonçant le «comportement explosif» du maire, Denis Légaré.

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« Ç’a dépassé les bornes au point où la communication est devenue impossible, mais ce n’est pas la première fois que ça arrive avec ce conseil. »
Denis Légaré, maire de Notre-Dame-de-la-Salette

Des relations tendues?

Le maire de Notre-Dame-de-la-Salette, Denis Légaré, explique que le conseil municipal a demandé unanimement des «séances de conciliation» pour rétablir l’harmonie au sein de l’administration. Le maire Légaré attribue une partie du problème de tensions au sein de l’hôtel de ville à l’arrivée du directeur général, Claude Sarrazin, embauché en avril dernier. 

«Ç’a dépassé les bornes au point où la communication est devenue impossible, mais ce n’est pas la première fois que ça arrive avec ce conseil. C’est en partie dû au fait que nous avons un nouveau directeur général qui ne connaît pas bien son rôle. Il aurait eu besoin d’une certaine formation avant d’être nommé directeur général parce que c’est un commis-comptable de profession. Comme commis-comptable, il est parfait, mais je pense qu’il n’a jamais fait de gestion de municipalité», indique M. Légaré, qui a d’ailleurs apposé son droit de veto à deux reprises lors des dernières séances du conseil afin de s’opposer à la résolution mettant fin à la période de probation du nouveau directeur général.

Cette résolution représentait l’étape ultime visant à confirmer ce dernier dans ses fonctions de façon permanente. Finalement, la résolution en question a été adoptée au début novembre, lors de sa troisième présentation devant les élus. 

Invité à livrer sa version des faits, M. Sarrazin a fait savoir au Droit qu’il ne souhaitait pas commenter l’affaire maintenant.  

Des vetos à répétition 

Le maire Légaré a exercé son droit de veto à plusieurs reprises lors des récentes assemblées du conseil. À la séance publique du mois novembre, la semaine dernière, il a imposé de son droit de veto à trois reprises pour des résolutions en lien avec des contrats concernant des travaux de remplacement de pompes de puits et l’achat d’une pompe d’eau potable, alléguant que le processus mis en place par le conseil pour mettre de l’avant ces travaux était «illégal». 

M. Légaré a confirmé au Droit qu’il avait déposé des plaintes aux «autorités municipales» afin que la lumière soit faite sur la façon dont les contrats ont été octroyés dans ce dossier. Expliquant qu’il ne voulait pas nuire à l’enquête, il n’a pas voulu préciser quelles instances ont été saisies de l’affaire. 

Les conseillers de la municipalité sont par ailleurs en attente d’un avis juridique puisque le maire Légaré aurait utilisé de son droit de veto à plus d’une reprise pour s’opposer à deux résolutions identiques au fil des séances.

«Le maire a le droit de poser son droit de veto seulement qu’une fois par résolution. Quand l’item revient à une prochaine réunion et que c’est voté à la majorité, c’est supposé passer. Nous attendons des avis juridiques pour vraiment savoir si ce qu’il a fait est légitime», a précisé la conseillère Line Quevillon.

Mme Quevillon espère que le MAMH présentera un plan d’action concret pour la suite des choses. La conseillère souligne que Claude Sarrazin est la septième personne à occuper les fonctions de directeur général de Notre-Dame-de-la-Salette depuis les sept dernières années. Sur les sept directeurs généraux qui ont travaillé pour le compte de la municipalité depuis 2013, deux ont été «prêtés» par la Fédération québécoise des municipalités, rappelle-t-elle.