Cette photo n'a tellement rien à voir avec la chronique du jour, mais je me suis dit que tant qu'à tenter vainement d'illustrer des résolutions de nouvelle année, aussi bien vous présenter l'âne Morris et son chien Brontë en plein échange de voeux.

Petit pacte de bonne année groundée!

Les grandes résolutions du Nouvel An sont sur le bord de débarquer sur votre perron et, tout comme moi, vous commencez à être à court d’inspiration?

On s’entend que tu ne peux pas souhaiter être plus extraordinaire encore chaque année. À un moment donné, une fois atteinte la perfection, on tourne en rond, et c’est d’un ennui, j’vous dis pas.

Ben non.

Malgré toutes ces rumeurs que j’alimente moi-même, je ne suis pas (toujours) parfaite.

Bon, une fois passé le choc, avouez que ça enlève de la pression de se dire qu’on a encore une petite marge de manœuvre du côté du mieux pis du meilleur pis du moins pire et que ça vaut pour tout le monde.

Suffit parfois simplement de laisser du temps pis un petit paquet de bienveillance traîner pas loin.

Alors envie de vous empiler quelques résolutions potentielles dans un coin?

D’accord.

Avant de partir, je fais un détour du côté du Pacte, que plus de 250 000 Québécois ont signé, mais que quelques-uns ont décrié parce que « Oh! Scandale! Certains des signataires ont une empreinte écologique énooooorme».

Au nombre des 500 premiers signataires, l’auteur Fabien Cloutier qui dans le très uppercutant numéro d’un récent spectacle collectif envoyait un coup de semonce bien visé aux écolos de la première heure, aux bien-pensants et aux chialeux chroniques qui s’étaient offusqués de voir des artistes et gens bien nantis s’afficher parmi les initiateurs du Pacte.

Je le paraphrase un peu, et je coupe tous les bouts drôles pour éliminer la compétition, mais pour l’essentiel : « Cr... réjouis-toi! Ç’a pris du temps, mais ç’a fini par se rendre dans leur tête. Y a maintenant plus de monde qui comprend les enjeux, y a plus de monde prêt à faire ce qu’il y a à faire pour l’environnement. C’est une bonne nouvelle. »

Ouaip.

Parce que c’est un enjeu collectif, l’environnement. 

Pis que la collectivité, c’est la somme des individus, de leurs gouvernements et des institutions.

Tu peux rester dans un coin en gueulant que c’est l’affaire des gouvernements et que les petits gestes n’ont pas d’impact.

Tu peux aussi aller t’installer dans l’autre coin pis gueuler plus fort encore que les individus ne pourront jamais faire bouger les gouvernements et que c’est sans issue.

Mais entre les deux, y a plein de nuances, d’options et de possibilités. 

Signer le Pacte, le mettre en œuvre, en fait partie. 

Parce que signer le Pacte, c’est envoyer aux gouvernements et aux institutions un message clair et collectif de nos préoccupations environnementales et de notre détermination à les avoir à l’œil... tout en s’engageant à agir individuellement et en gang.

Ça se peut qu’on parte de loin, individuellement et collectivement. C’est pas grave.

Je répète : c’est. pas. grave.

It’s not grave.

L’important, c’est de commencer quelque part, et surtout entre les oreilles. 

En fait, c’est fou tout ce qui part de ce lieu un peu obscur entre nos oreilles. C’est là qu’il faut se les semer, nos résolutions.

Tiens, faisons ça. Semons-nous des petites graines de réflexion et de réflexes entre les oreilles pour que nos gestes s’enracinent solidement et poussent bien fort dans le soleil.

Résolution.s en trois temps, comme une valse.

1. Reprendre contact avec ce qu’on mange 

Ça se décline de plein de façons, je vous pitche ça en vrac, vous pigez un lot ou un petit bout, c’est à votre guise : profiter des prochaines portes ouvertes de l’UPA pour visiter quelques fermes, demander à son boucher l’origine de sa viande, acheter ses produits au marché public en prenant le temps de parler avec les maraîchers ou producteurs, s’abonner à un panier bio-local, cultiver quelques légumes sur son balcon ou lancer son premier potager, privilégier le produit local, faire un sit-in larmoyant dans l’aller du supermarché quand il n’y en a pas, réduire sa consommation de viande, éviter les produits (trop) emballés, acheter en vrac, cuisiner un repas de plus par semaine, oser son bouillon de légumes ou de poulet, son pain, ses céréales, ses muffins, cuisiner végé et arrêter de manger de son prochain.

2. Assumer pleinement son pouvoir d’achat

Ce qui veut aussi dire — aucun spécialiste de marketing n’insistera beaucoup là-dessus — son pouvoir de ne pas acheter.

Oui, il y a un paquet d’activités possibles un jour de pluie hors des murs du centre d’achat, on se fie sur vous pour trouver ce qui vous parle, mais on sait qu’il vous reste de l’imagination.

Ça veut aussi dire acheter d’occasion, louer, emprunter, acheter en collectivité, fabriquer, créer, réparer, s’en passer.

Moins d’achats, moins de dépenses, moins besoin d’argent, moins besoin de travailler, plus de temps, pour soi et pour ses proches.

3. Se mouvoir la mouvance

Laisser la voiture se reposer un peu quand on peut, y faire grimper quelques passagers quand il faut la sortir, maximiser les déplacements, se contenter d’une seule (ou de pas du tout) voiture si possible, marcher plus souvent, privilégier le transport en commun là où il est disponible, compenser ses déplacements aériens, troquer son boat à moteur pour une chaloupe, son yacht pour un kayak, et son cheval pour un âne.

Commençons simplement par ça, des petits bouts de ça, des discussions et des mises en œuvre de ça, dans le plaisir, sans le stress de performance et de perfection, un genre de pacte entre nous, en marge de ce Pacte que vous pouvez encore et toujours aller signer en ligne à lepacte.ca.

Et au cours des prochaines semaines, on se décline ça tout doucement, sans chercher à être parfait.e.s.

Quoique...

Bonne année groundée!