Yolande Gravel a travaillé sans relâche pour démystifier la maladie d’Alzheimer. Sur la photo, la ministre Marguerite Blais et le président de la Table de concertation des personnes aînées de l’Outaouais, M. Robert Leduc, entourent Mme Gravel.

Yolande Gravel, une pionnière qui a démystifié la maladie d’Alzheimer

Lorsque sa mère Fleur-Ange est décédée de la maladie d’Alzheimer en 1985, Yolande Gravel se rappelle encore avoir entendu une petite voix lui dire qu’elle pouvait « démystifier la maladie de l’Alzheimer, aider les familles et traiter avec respect les personnes souffrant de cette maladie ».

Au cours des 34 dernières années, Yolande Gravel a tenu parole. Mère de trois enfants, elle a trouvé le temps pour mieux comprendre cette maladie dans le but de la faire connaître. Mais surtout, elle a défoncé des portes afin que les personnes souffrant d’Alzheimer, et leurs proches aidants puissent avoir accès à des services et des ressources dont ils ont besoin.

Mme Gravel a laissé une empreinte profonde sur les milieux bénévoles de la région de l’Outaouais en fondant la Société Alzheimer Outaouais (SAO).

Le 6 novembre dernier, Mme Gravel a été honorée lors d’une cérémonie à Québec dans le cadre de la remise du prix Hommage Aînés 2019.

Sa candidature avait été proposée par la Table de concertation des aînés et des retraités de l’Outaouais (TCARO) et la Société Alzheimer Outaouais (SAO). Le prix Hommage Aînés vise à reconnaître l’apport de personnes qui travaillent bénévolement pour favoriser le mieux-être des personnes aînées et leur participation accrue à la société. Cet honneur s’ajoute à d’autres distinctions qu’elle a déjà reçues à l’échelle locale et nationale.

« Lorsque ma mère a eu un diagnostic d’Alzheimer, à l’âge de 68 ans, c’était encore une maladie méconnue. Au début, lorsque ma mère avait passé le test, le neurologue ne savait pas. On parlait de démence. On avait alors peu de connaissance de la maladie d’Alzheimer », a expliqué Mme Gravel.

« Après le décès de ma mère, j’ai voulu aider et suivre ce que la petite voix m’avait dit pour aider », a expliqué Mme Gravel.

La Fondatrice de la SAO n’a jamais cessé de travailler pour la cause depuis ce temps.

Dans la région, il y avait une société Alzheimer du côté d’Ottawa, mais tout se déroulait en anglais, raconte Mme Gravel.

« Je ne comprenais pas toujours les termes médicaux en anglais. C’est ce qui m’a poussé à regarder ce qui se passait du côté québécois. Là, j’ai découvert qu’il y avait des sociétés Alzheimer à Montréal et Ste-Agathe. J’avais amassé 125 $ en dons que je voulais leur remettre. Mais les responsables m’ont expliqué que je devrais plutôt créer une société dans la région parce qu’il y avait des demandes d’aide ici. J’ai obtenu une charte pour lancer la Société Alzheimer Outaouais en 1985. »

Au cours des trois premières années, Mme Gravel a administré l’organisme à partir du sous-sol de sa résidence, avant de s’installer dans les locaux de la Cabane en bois rond.

Pendant toutes ces années, de nombreuses personnes ont sollicité son aide pour obtenir de l’information, des services et des conseils.

En 1992, elle a obtenu une première subvention, pour offrir des services plus structurés, dont la mise sur pied d’une journée de répit pour les personnes atteintes d’Alzheimer et leurs proches.

Elle crée la maison Fleur-Ange (le prénom de sa mère), qui accueille dès 2000, les dix premiers résidents permanents. La maison a existé pendant 15 ans, puis a été vendue.

« Le gouvernement a imposé les gicleurs dans les résidences. Pour nous, le coût était trop élevé. Alors nous avons pris la décision de vendre », a expliqué Mme Gravel.

La SAO a alors décidé d’orienter ses actions vers les services de proximité, en centres de jours et de répit à domicile.

Mme Gravel reste encore très active au sein de l’organisme. Elle fait encore du bénévolat, et participe à diverses activités mises de l’avant dans tous les coins de la région.

On compte maintenant aussi plus de 20 sociétés à travers le Québec, mouvement qui a pris de l’ampleur notamment grâce aux interventions et aux initiatives lancées par le petit groupe de cinq fondateurs dont faisait partie Mme Gravel.

Sa plus grande fierté demeure celle d’avoir rencontré toutes les personnes qu’elle a aidées au fil des ans, et de découvrir que le « cœur ne fait pas d’Alzheimer ».