William Burton a été honoré à Toronto. « J’imagine que c’est le fruit de tout le bénévolat et le travail que j’ai fait au cours des six dernières années », raconte-t-il.

William Burton: un leader qui veut susciter le réveil

Malgré son jeune âge, William Burton a déjà un bagage impressionnant d’expériences qui lui ont permis de devenir un leader incontesté de la francophonie ontarienne.

Le jeune homme de 20 ans d’Ottawa vient de remporter le Prix de la francophonie de l’Ontario 2018 – Prix Jeune – pour son implication dans la communauté et dans plusieurs activités de l’industrie culturelle.

Il a reçu son prix des mains de la ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, lors d’une cérémonie tenue récemment à Toronto. Deux autres personnalités ont aussi été honorées, soit l’administratrice culturelle Paulette Gagnon, à titre posthume, de même que Margaret Aerola, gestionnaire en soins de longue durée.

William Burton s’est dit surpris de recevoir cet honneur, mais en même temps il reconnaît que c’est une récompense pour toutes les heures qu’il a passées à faire du bénévolat et à s’impliquer pour susciter le réveil des jeunes francophones envers leur culture. « J’imagine que c’est le fruit de tout le bénévolat et le travail que j’ai fait au cours des six dernières années », raconte-t-il, estimant avoir fait plus de 1600 heures de bénévolat pendant son secondaire, tout en occupant un emploi à temps partiel de sauveteur de piscine.

Natif de Brossard, au Québec, il est arrivé à Ottawa très jeune après deux années passées en Grande-Bretagne avec sa famille. Un Québécois manqué, lui disent ses amis. « Moi, je réponds que je suis un Franco-Ontarien de cœur », explique l’ancien élève du Collège catholique franco-ouest d’Ottawa.

C’est en 2e secondaire que le déclic s’est vraiment fait pour William, alors qu’il participait à un atelier organisé par l’animatrice culturelle de l’école, Jacynthe Dupont.

« Plusieurs élèves parlaient en anglais dans la cour ou dans les corridors de l’école. C’était une réalité dans plusieurs écoles à Ottawa. Notre animatrice culturelle avait un objectif de changer notre école en quatre ans, pour permettre aux étudiants de vivre en français plus tard après leur secondaire. Pour l’atteindre, elle cherchait l’appui de certains jeunes plus prêts à vivre en français afin de l’aider dans le projet. Moi, j’étais un de ceux-là. Ce fut la porte d’entrée pour moi », raconte William.

C’est lors d’une première activité culturelle au Centre Shenkman, qu’une trentaine de jeunes de son école ont pu vivre ensemble une expérience en français avec 250 autres jeunes présents. « C’était incroyable la réaction des étudiants. Pour plusieurs d’entre eux, c’était la première fois qu’ils vivaient une telle expérience en français, où tout le monde parlait en français. Avec l’animatrice, nous avons aussi fait l’avant, pendant et après de cette première expérience. »

C’est à partir de ce moment qu’il a eu l’idée de créer une entreprise sociale appelée Le Réveil pour informer les francophones d’Ottawa des activités culturelles et artistiques à venir dans la région, ce qui lui a permis d’ouvrir plusieurs portes à plusieurs événements et artistes pour joindre les jeunes francophones d’ici et d’ailleurs en Ontario français. Ses efforts lui ont aussi ouvert plein de portes puisque plusieurs groupes ou organisateurs font appel à ses services, comme ce fut le cas pendant Contact ontarois.

« Disons que j’essaie d’innover par rapport au modèle d’animateur culturel. Ça a pris une telle ampleur qu’il arrive parfois qu’on me demande de ne plus parler d’un événement parce qu’il y a trop de monde qui veut s’y rendre », souligne-t-il en riant avec fierté de ce succès.

William étudie en développement de public au département de théâtre de l’Université d’Ottawa, tout en poursuivant sa carrière déjà bien amorcée dans la communauté.

« Tout ce que j’ai fait au secondaire m’a propulsé. Le Réveil, je veux le rendre plus accessible pour les écoles », espère-t-il.

Dans le cadre d’un projet-pilote avec le MIFO, il anime un atelier où il explique ce que les élèves vont vivre lors d’un spectacle folk. « Personne ne pouvait vraiment décrire ce qu’était le folk. Alors nous en avons discuté avant le spectacle. Après, tout le monde voulait en savoir plus. Ensuite, je les invite à émettre leurs commentaires, à critiquer ce qu’ils ont vu. C’est important d’avoir leur feedback. »