Sébastien St-Louis PDG d'Hydropoticaire

Une idée qui a bien germé

Seule entreprise au Québec à détenir le sceau de Santé Canada pour produire et vendre de la marijuana à des fins médicales depuis mai 2015, Hydropothicaire a fait son entrée à la bourse de croissance de Toronto le 21 mars, trois ans et demi seulement après sa fondation. Pour cette raison, Le Droit et Radio-Canada décernent le titre de Personnalité de la semaine à Sébastien St-Louis, cofondateur, président et directeur général de la société gatinoise qui a pignon sur rue dans le secteur Masson-Angers.
Allez demander à Sébastien St-Louis s'il avait déjà imaginé qu'il deviendrait un jour « producteur de pot médical », il vous répondra du tac au tac la phrase suivante : « Jamais... Il y a cinq ans passés, je n'avais jamais vu une plante de marijuana de ma vie », lance l'entrepreneur avec une franchise assurée.
Les premiers jalons d'Hydropothicaire ont été posés le 1er juillet 2013, dans un contexte tout à fait informel. C'est l'histoire classique de la bonne idée qui surgit autour d'une bière. « L'occasion de travailler dans le cannabis, c'est venu de l'un de mes amis qui travaillait à Santé Canada dans l'ancien programme de marijuana médicale. Il m'a raconté autour d'un feu de camp le 1er juillet 2013 qu'un plan de légalisation de la marijuana à des fins médicales s'en venait. On a parti la business le lendemain », raconte l'homme d'affaires de 33 ans.
M. St-Louis occupait à l'époque un poste de chef financier pour un manufacturier de pièces automobiles à Saint-Isidore, dans l'Est ontarien. 
Il travaillait auparavant dans le domaine bancaire. Investisseur en immobilier depuis qu'il est jeune adulte et détenteur d'une maîtrise en administration des affaires obtenue à l'Université du Québec à Montréal, celui-ci a flairé la bonne affaire lorsque son ami d'enfance lui a mis la puce à l'oreille du futur marché à développer. 
L'ascension de l'entreprise 
L'Ottavien n'a pas perdu de temps à mettre ses pions en place. Il a élaboré son plan de match avec son beau-frère Adam Miron, cofondateur notamment du site de nouvelles fédérales iPolitics et jeune homme issu du secteur des relations publiques. 
Les deux entrepreneurs sont allés à la rencontre de l'horticulteur Louis Gagnon - qui était propriétaire à l'époque de la pépinière Botanix à Masson-Angers - et c'est à ce moment qu'Hydropothicaire est née.
« Je savais que j'avais toutes les capacités en opération finances, mais je voyais le projet avec une vision Amazon. Adam, son expertise, c'était la vente en ligne. Il a fondé le plus gros journal en ligne au Canada qui est profitable. Quand on a ajouté notre troisième pilier, Louis Gagnon, un maître horticulteur avec 30 ans d'expérience, c'était le dernier morceau pour lancer le projet », illustre Sébastien St-Louis.
Les trois associés ont monté le dossier et présenté celui-ci à Santé Canada. Leur requête était la 77e sur 3500 candidatures. À peine quelques mois plus tard, Santé Canada a donné le feu vert à Hydropothicaire. 
Aujourd'hui, l'entreprise qui opère ses installations sur le terrain de l'ancien Botanix - à quelques pas du traversier reliant Masson à Cumberland - emploie une soixantaine d'employés qui oeuvrent à l'intérieur des 42 000 pieds carrés de serre. Son service de distribution fonctionne sept jours par semaine. Le potentiel de production annuel de la compagnie se chiffre à 3600 kilogrammes de cannabis destiné au marché médical avec une valeur de ventes estimée à 30 millions de dollars. Au Canada, seulement 40 compagnies pour le moment disposent de la licence pour produire et vendre la plante en question aux patients détenant une ordonnance du médecin. 
Avec le projet de loi attendu du gouvernement Trudeau qui prévoit la légalisation de la marijuana à des fins récréatives, Hydropothicaire voit grand. Un plan de construction de 250 000 pieds carrés de serres supplémentaires est dans le collimateur. Et une quarantaine de nouveaux employés devraient se greffer à l'équipe actuelle dans les prochains mois. 
M. St-Louis voit Hydropothicaire devenir un « leader mondial » en matière de marijuana médicale ces prochaines années. « C'est notre objectif », de conclure le gestionnaire.