Après des études en criminologie à l’Université d’Ottawa, Tanya Zayed s’est intéressée aux questions humanitaires.

Une carrière consacrée à protéger les enfants

Spécialiste mondialement reconnue pour l’aide qu’elle apporte aux enfants souffrant des conséquences de la guerre, Tanya Zayed, vient d’être honorée par l’université Saint-Paul, qui lui a décerné le Prix de la diplômée de l’année 2017-2018.

Mme Zayed a obtenu en 2008 une maîtrise en études de conflits de l’université Saint-Paul et est devenue depuis une référence incontournable dans le domaine de la protection de l’enfance.

Au cours de sa carrière, cette femme âgée de 42 ans a déjà travaillé dans divers pays, notamment en Afrique de l’Ouest, dans la région des Grands Lacs africains, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient, pour améliorer les pratiques en matière de protection de l’enfance.

Mme Zayed a également travaillé et fait du bénévolat pour plusieurs organisations internationales dont Save the Children, War Child Canada, Mines Action Canada et Oxfam, a contribué à la Politique générale relative aux enfants de la Cour pénale internationale et a conseillé les Nations unies sur le protocole concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés.

« Je ne suis qu’une personne dans un gros système, mais ça me fait chaud au cœur de recevoir cet honneur sachant que je représente l’université Saint-Paul à l’échelle internationale », a indiqué Mme Zayed, lors d’une entrevue à l’occasion de son passage à Ottawa où elle a reçu son prix.

Comme consultante, elle a récemment collaboré au projet Minerva du Département de la défense américaine de la Georgia State University, une recherche sur la prévention de la radicalisation de la jeunesse à l’extrémisme violent. Elle travaille aussi avec l’Institut des Nations-Unies pour la formation et la recherche et avec le siège de l’UNICEF sur la participation des adolescents dans les situations humanitaires. Au moment de l’entrevue, elle était toujours en attente d’un visa pour le Nigeria où elle devait se rendre pour une mission de l’UNICEF. « Ma sœur doit avoir allumé une chandelle pour que je ne reparte pas tout de suite », ajoute-t-elle en riant.

Une passion pour la justice sociale

Née d’une mère canadienne-française et d’un père palestinien, Mme Zayed a fait ses études de premier cycle avec spécialisation en criminologie à l’Université d’Ottawa. Après avoir travaillé à Ottawa auprès des sans-abri et des jeunes à risque, elle s’est ensuite intéressée aux questions humanitaires à l’échelle mondiale. Ses études en résolution de conflits à l’université Saint-Paul lui ont permis d’entreprendre une carrière à l’échelle internationale. Dans le cadre d’un stage, elle s’est rendue en Colombie où elle a travaillé auprès des enfants et des jeunes à risque, en vivant dans la rue ou en prison avec leurs parents.

Avec Roméo Dallaire

Parmi ses nombreuses contributions, elle est mieux connue pour son travail dans l’Initiative des enfants-soldats mise de l’avant par le lieutenant-général retraité Roméo Dallaire, qui l’avait d’abord embauché en 2008 à titre de coordonnatrice de projet, avant de la nommer après huit ans directrice adjointe et responsable de la formation du programme.

« En tant que militant humanitaire canadien et défenseur des enfants à l’échelle mondiale, je cherchais des personnes qui partageaient ma vision, mon éthique de travail et ma passion pour le changement social. J’ai trouvé cette personne en Tanya. Tanya n’a pas peur de se salir les mains et de faire face aux officiers militaires de haut rang de toutes les régions du monde », a souligné M. Dallaire, qui a tenu à lui rendre hommage.

« Je fais du travail de prévention. Je dirais que la situation pour les enfants-soldats est très contextuelle. Dans certains pays, les choses s’améliorent, dans d’autres, c’est difficile. Au Congo par exemple, les jeunes sont très impliqués dans le processus pour la paix. Mais les conflits ne s’arrêtent pas. Et il y a aussi d’autres problèmes, comme l’Ebola. En Colombie, je vois des améliorations », a-t-elle commenté.