Karine Baril est chercheuse associée du Département de psychoéducation et de psychologie de l’UQO.

Un outil de prévention à l’université

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Une chercheuse de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) va participer à un projet de recherche visant à implanter et évaluer l’efficacité d’un programme de prévention de l’agression sexuelle pour les étudiantes en milieu universitaire.

Karine Baril, chercheuse associée du Département de psychoéducation et de psychologie de l’UQO, fait partie d’une équipe de 11 chercheurs de sept universités qui ont obtenu une subvention de près de 700 000 $ des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour réaliser cette importante recherche. Leur projet a été classé troisième sur une liste de 34 projets proposés.

Selon les statistiques sur la victimisation criminelle au Canada, 87 % des agressions sexuelles sont commises à l’endroit des femmes, et 47 % touchent celles du groupe de 15 à 24 ans. Ces chiffres justifient donc la volonté d’adapter et d’implanter un programme dont l’objectif est de prévenir la victimisation sexuelle spécifiquement auprès d’étudiantes universitaires.

Le collectif de recherche auquel participe Karine Baril travaille à traduire et adapter à la réalité québécoise le programme Enhanced Assess, Acknowledge, Act développé par des chercheurs canadiens et déjà proposé sur divers campus au Canada et aux États-Unis.

La recherche visera notamment à déterminer si les milieux universitaires francophones présentent les conditions nécessaires pour l’offrir et à vérifier s’il est efficace auprès de toutes les étudiantes.

Le programme éducatif est offert aux étudiantes de première année universitaire pendant une fin de semaine, à raison de 12 heures. Les ateliers et mini-conférences favorisent une meilleure reconnaissance et évaluation des situations à risque. « Les étudiantes sont mieux outillées pour réagir lors de situations potentiellement à risque d’agression sexuelle avec notamment des stratégies d’autodéfense et de résistance », a indiqué la chercheuse Karine Baril.

En Ontario, les données ont démontré que chaque fois que 13 femmes participent au programme, une tentative ou agression sexuelle est prévenue sur une période d’une année.

Au Québec, une nouvelle loi impose aux établissements postsecondaires la mise en œuvre de programmes pour combattre les agressions sexuelles pour septembre 2019.

« Au lieu de travailler en vase clos, c’était l’occasion de concerter la démarche et de regarder ensemble quelles sont les meilleures pratiques », poursuit Mme Baril.

Le programme n’est pas encore offert dans les différentes universités participantes, dont l’UQO, mais les chercheurs recrutent déjà des groupes de comparaison.

Des étudiantes dans tous les campus de l’UQO inscrites pour la première fois en première année à l’université ont ainsi été invitées à compléter un questionnaire en ligne, ce qui permettra d’établir une comparaison avec les autres étudiantes qui participeront au programme.

« Ce n’est que le commencement, nous aimerions que le programme éducatif soit offert officiellement au cours de l’année 2019-2020. Pour nous, ce programme, bien qu’il soit le seul à avoir démontré son efficacité à réduire les agressions sexuelles, n’est pas la solution unique pour contrer les violences sexuelles en milieu universitaire. C’est une stratégie qui devrait être implantée de manière complémentaire à d’autres stratégies visant l’ensemble de la communauté universitaire. »