Roger Paul a décroché son premier emploi à Timmins où il a également été représentant syndical et négociateur pour le personnel enseignant.

Roger Paul : implication et leadership en éducation

Chaque semaine, Le Droit rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Cette semaine, Roger Paul, un homme impliqué dans le domaine de l’éducation, du leadership et de la francophonie.

Roger Paul vient d’être récompensé par un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa, qui vise à reconnaître sa vaste expérience et implication dans le domaine de l’éducation et du leadership, de même que son engagement pour la défense et le développement de la francophonie.  

« Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’étais sous le choc, mais agréablement surpris. Après tout, on ne s’attend jamais à ce genre d’honneur. Je suis très honoré », a raconté en entrevue M. Paul.

La résilience de M. Paul a joué un rôle de catalyseur dans le renforcement et la croissance de l’éducation de langue française, non seulement dans l’Est de l’Ontario, mais à travers le Canada.

Après une longue carrière dans le milieu de l’éducation en Ontario, M. Paul a poursuivi son travail incessant en assumant depuis 2009 la direction de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNSCF) et du Regroupement national des directions générales de l’éducation (RNDGÉ).

Il a pris sa deuxième retraite en janvier dernier, mais continue toujours de s’impliquer dans divers projets, dont le panel sur l’école communautaire citoyenne organisé à l’Université d’Ottawa le lundi 17 juin.

Titulaire d’une maîtrise en éducation en counselling éducationnel, de deux baccalauréats es arts, dont l’un avec concentration en espagnol et l’autre en éducation physique, il a aussi une formation approfondie en leadership au niveau des études doctorales.

M. Paul explique que c’est le karaté qui l’a dirigé vers l’enseignement.

« J’ai gradué à l’école secondaire Charlebois à Ottawa. J’étais ceinture noire en karaté et j’avais ouvert un club à l’école. Il était donc tout naturel pour moi de poursuivre mes études en enseignement », a-t-il raconté. 

On peut dire que c’est aussi devenu une affaire de famille puisque son épouse Jocelyne a été enseignante et directrice d’école, alors que ses deux filles Marie-Josée et Stéphanie sont également enseignantes.

Après ses études à la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa, il a décroché son premier emploi à Timmins. 

« Quand mon épouse a obtenu un emploi comme enseignante à l’école secondaire Thériault de Timmins, elle avait donné comme condition que je puisse aussi avoir un emploi à l’école. J’ai donc enseigné l’espagnol en 13e, puis l’anglais. Ce n’est pas ce que je voulais, mais c’était important d’avoir cet emploi pour moi », a raconté M. Paul.

Pendant les neuf années passées à Timmins, il s’est joint à l’Association des enseignants et enseignantes franco-ontariens, et il y a fait ses premières armes comme représentant syndical et négociateur pour le personnel enseignant. 

« L’école secondaire Thériault était la plus grosse école secondaire francophone de la province avec 1800 élèves. Je n’avais que 26-27 ans, et je devais défendre mes collègues en confrontant le directeur. Je tremblais un peu quand j’allais le voir. Puis j’ai eu des postes de leadership, jusqu’au provincial. Je remercie l’AEFO pour la formation qu’elle m’a donnée comme représentant. »

En mai dernier, il est d’ailleurs retourné à Timmins avec son épouse pour souligner le 50e anniversaire de l’école Thériault.

À son retour à Ottawa, on lui a confié un rôle de leadership lors de la création des conseils scolaires de langue française en 1995. Il a aussi été directeur d’écoles intermédiaires, surintendant adjoint et a occupé un poste-cadre pour le ministère de l’Éducation. 

Pendant neuf ans, il a ensuite été directeur général au Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien. 

Durant cette période, il a notamment travaillé à la mise sur pied des quatre monuments franco-ontariens qui sont aujourd’hui des symboles de la fierté franco-ontarienne.

À titre de directeur général de la FNCSF, Roger Paul a joué un rôle prédominant lors des négociations entourant la nouvelle Entente stratégique « inédite et historique » qui doit permettre une meilleure reddition de compte des centaines de millions de dollars par Ottawa pour l’enseignement en français à plus de 165 000 élèves dans 700 établissements scolaires dans les provinces hors Québec et territoires.

« C’est ce que j’appelle mon legs. Nous avons eu beaucoup de difficultés à l’obtenir. Mais cette entente inédite et historique est là pour rester, car elle se trouve dans un document officiel », explique celui qui continue à suivre de près tout ce qui touche les droits scolaires des francophones vivant en milieu minoritaire. 

Il garde maintenant bon espoir que la prochaine mouture de la Loi sur les langues officielles, dont on célèbre le 50e anniversaire, viendra notamment renforcer le droit des conseils scolaires de faire le choix des élèves qui fréquenteront leurs écoles, alors que les conseils anglophones eux n’ont pas de règles à respecter.