Raymond Desjardins a commencé à s’intéresser aux gaz à effet de serre dans les années 1960.

Raymond Desjardins : pour l’avenir de la planète

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Raymond Desjardins vient d’être nommé membre de l’Ordre du Canada, un honneur qui vient souligner la carrière exceptionnelle de ce scientifique émérite dont le travail est déterminant pour l’avenir de notre planète.

Spécialiste en micrométéorologie, M. Desjardins, qui travaille au Centre de recherche et de développement d’Agriculture Canada à Ottawa, a développé au cours des dernières décennies des techniques pour quantifier les échanges de masses et d’énergie au moyen d’avions et de tours, ainsi que des techniques permettant de quantifier les émissions de gaz à effet de serre provenant de diverses sources.

En collaboration avec des équipes nationales et internationales, ses recherches permettent de quantifier l’incidence des écosystèmes terrestres sur le climat ainsi que les changements climatiques.

« Je suis natif de Carlsbad Springs dans l’Est ontarien où mes parents avaient une ferme. J’ai toujours été intéressé par le climat parce que c’était important en l’agriculture. Après mes études en physique à l’Université d’Ottawa, je suis allé étudier en météorologie à Toronto. Ensuite, j’ai commencé à travailler en 1965 avec l’équipe de recherche avec laquelle j’avais travaillé comme étudiant en 1961 ici à Ottawa », a indiqué le chercheur qui habite Luskville.

« Je mesure depuis longtemps les trois principaux gaz à effet de serre, le gaz carbonique, le méthane et le monoxyde d’azote. J’aimerais continuer, mais je commence maintenant à penser à la retraite », a-t-il mentionné.

Lorsqu’il a commencé à s’intéresser aux gaz à effet de serre, au milieu des années 1960, Raymond Desjardins n’avait que 25 ans. Il était loin de se douter que son travail de chercheur à Agriculture Canada allait être aussi déterminant pour l’avenir de notre planète.

« Il y avait une théorie que les gaz carboniques étaient importants sur l’environnement. On se doutait des effets néfastes. Les premiers relevés effectués sur les gaz à effet de serre ont été faits par un collègue en 1958. En 1965, quand j’ai commencé mon travail, on mesurait des niveaux de 300 parties par million de gaz carbonique. Aujourd’hui, on parle de 410 parties par million. C’est un gros changement. Les gouvernements croient en notre travail. Mais les gens, même moi, on ne fait pas les sacrifices nécessaires pour changer les choses. »

Au cours de sa longue carrière, il a déjà écrit plus de 450 publications, a participé à une multitude de projets en collaboration avec des groupes et organismes nationaux et internationaux notamment avec la NASA.

Sa prochaine étude risque d’avoir des retombées importantes. Au cours des prochains jours, il publiera les chiffres de l’empreinte de carbone des gaz à effet de serre de toutes les sources de protéines.

« L’étude est très à propos compte tenu de la publication du nouveau Guide alimentaire canadien. Nous allons dévoiler les gaz à effet des sources de protéines comme l’agneau, le bœuf, la volaille, les plantes. La différence peut atteindre un facteur de 400. En haut de la liste, on peut dire qu’il y a l’agneau, le bœuf et en bas de cette liste, les plantes, comme les fèves de soya », explique M. Desjardins.

En plus d’échanger avec de nombreux étudiants et chercheurs de la planète, il compte aussi participer à une importante conférence sur la météo et l’agriculture qui doit se dérouler à Ottawa l’an prochain.

On n’a donc pas fini d’entendre parler de ce chercheur et de ses travaux importants, qui nous permettent d’avoir l’heure juste sur les gaz à effet de serre, une source de préoccupation pour l’avenir de notre planète pour encore longtemps.