Le producteur délégué du Show du Gîte Ami, Pierre Ricard-Desjardins

Pierre Ricard-Desjardins: nourrir l’estomac et le cœur

Samedi dernier, des dizaines de musiciens, chanteurs et danseurs montaient sur scène pour une quatrième année consécutive, dans le cadre du Show du Gîte Ami, dans l’espoir de recueillir des fonds pour aider la plus importante ressource d’hébergement d’urgence pour adultes de Gatineau et des environs.

Se voulant une version plus accessible et plus abordable que des événements du même genre comme le Show du Refuge à Montréal ou Les Enfoirés en France, le Show du Gîte Ami donne tout autant la parole aux personnes itinérantes qu’aux artistes émergents et locaux qui s’y font entendre.

Le grand manitou derrière cet événement-spectacle est Pierre Ricard-Desjardins, notre Tête d’affiche de la semaine.

Avec des recettes de près de 25 000 $ chaque année, une fois les coûts de production acquittés, l’événement caritatif a versé 100 000 $ dans les coffres de cette maison d’accueil, en seulement quatre soirées-bénéfices.

Des chiffres qui en disent long
Durant l’année financière 2015-2016, le Gîte Ami de la rue Morin à Gatineau a hébergé 540 personnes qui y ont passé 14 050 nuitées, nous apprend le rapport annuel de l’organisme de cette année-là. De ce nombre, 217 personnes, soit 40,2 %, n’étaient jamais venues au Gîte Ami auparavant. Et ces personnes ont partagé 29 669 repas.

On note aussi qu’une même personne effectue, en moyenne, 4,7 séjours dans l’année dans cette résidence, ce qui totalisera 26 nuitées par itinérant. Le Gîte Ami abrite 55 lits. Les deux tiers de ses pensionnaires souffrent de problèmes de santé mentale.

« Moi, ce qui me surprend encore dans ça, c’est que dans une société aussi riche que le Québec de 2018, d’avoir un toit au-dessus de la tête, c’est pas un droit, c’est un privilège. C’est un privilège en partie payé par la charité publique. Si ce n’était pas de la charité publique, faudrait fermer nos portes », raconte au Droit l’initiateur de cette soirée-bénéfice annuelle et trésorier de l’organisme, Pierre Ricard-Desjardins, un ingénieur en métallurgie à la retraite ayant auparavant œuvré pour le gouvernement.

Chaque sou compte
Et pourtant les 25 000 $ récoltés durant la soirée-spectacle devraient peser bien peu dans la balance de ce service d’hôtellerie d’urgence dont le budget annuel est de 1,1 million $. Mais chaque sou compte et sera transformé en repas, médicaments, vêtements et literie, avec une part d’intervention psychosociale.

« Donc, on joue ces deux rôles-là : accueillir et essayer d’aider les gens à s’en sortir », ajoute M. Ricard-Desjardins.

Il faut aussi dire qu’une trentaine d’employés à temps plein et partiel s’activent sous le toit de ce refuge unique en son genre dans la région.

Samedi soir, à l’auditorium du Cégep de l’Outaouais, près de 700 personnes ont pu retrouver le fameux Chœur qui bat et ses 40 choristes, jumelé cette année aux étudiants de l’école de musique L’Artishow.

« Je ne cherche pas la reconnaissance. Ce qui m’anime dans ça, c’est le désir de faire quelque chose pour d’autres êtres humains et de le faire gratuitement. Je souhaite à tout le monde la possibilité de donner, pendant qu’ils le peuvent. »