Peter Soroye est chercheur et étudiant au doctorat à l’Université d’Ottawa.
Peter Soroye est chercheur et étudiant au doctorat à l’Université d’Ottawa.

Peter Soroye: attirer l’attention de Leonardo DiCaprio

Chaque semaine, Le Droit rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Cette semaine : Peter Soroye

Qu’ont en commun Leonardo DiCaprio, le New York Times et les bourdons ? La réponse : Peter Soroye, chercheur et étudiant au doctorat à l’Université d’Ottawa.

Ce dernier a attiré l’attention du célèbre acteur et activiste environnemental depuis la publication d’une recherche dont il est l’auteur principal.

Il a réussi à démontrer comment les périodes de sécheresse et de chaleur associées à la crise climatique ont un lien avec l’extinction des bourdons. Épaulé par son superviseur Jeremy Kerr et du professeur londonien Tim Newbold, Peter Soroye a évalué 66 espèces de bourdons qui ont vécu entre 1900 et 2015 en Amérique du Nord.

Les données récoltées leur ont ainsi permis de conclure qu’elles pouvaient s’appliquer à d’autres espèces animales. Leonardo DiCaprio a cité l’œuvre de Peter Soroye et ses collègues sur Instagram dans une publication qui a compilé près de 300 000 mentions « J’aime », en plus de partager sur Facebook un article citant l’étudiant de l’Université d’Ottawa.

« J’étais renversé en voyant ça », affirme le chercheur avec un gros sourire.

« Mon ami m’a envoyé la publication Instagram en message privé, en me disant : regarde il [Leonardo DiCaprio] parle de toi. Il a près de 40 millions de personnes qui le suivent sur Instagram. C’était déjà très plaisant de paraître dans le journal Science, mais d’avoir Leonardo DiCaprio qui parle de ma recherche, c’est probablement déjà le summum de ma carrière », indique en riant celui qui a envoyé un message privé à l’acteur sans toutefois obtenir de réponse.

L’étude dont Peter Soroye est l’auteur principal démontre comment les périodes de sécheresse et de chaleur associées à la crise climatique ont un lien avec l’extinction des bourdons.

La vedette américaine n’a pas été la seule à remarquer son travail qui a nécessité trois ans de recherche. Le Washington Post, le New York Times, CNN et la BBC ont tous interviewé le natif de North Bay depuis la publication de son article le 6 février.

« C’était irréel. À un certain point, j’avais un rendez-vous avec le doyen de la Faculté des sciences et c’était quelque chose de très gros pour moi, je ne pouvais pas manquer ça. Mais le matin même, le New York Time, National Public Radio (NPR) et CNN ont appelé, alors j’ai dû repousser mon entretien ! »

Il avoue que les deux dernières semaines ont été un peu folles pour lui avec toutes ces entrevues.

« J’avais l’impression d’avoir des entrevues partout. Il y a un mois, j’étais en train de regarder National Geographic et d’écouter CBC et maintenant je suis dans ces émissions-là ».

L’étudiant de 25 ans ne s’attendait pas à obtenir un résultat aussi clair et précis dans sa recherche.

« Normalement en sciences, tu trouves en fin de compte que tu as raison, mais juste dans certaines parties ou situations de la recherche. Mais de voir qu’on avait une corrélation de toutes les données, ça n’arrive jamais. On est sur quelque chose de gros. »

L’étudiant de la Faculté des sciences était déjà de retour au boulot au moment de s’entretenir avec Le Droit.

« On est train de monter un jeu de données sur tous les vertébrés. On essaie de voir quelles idées on pourrait développer. »