Le directeur général de l’organisme Garde-rivière des Outaouais, Patrick Nadeau

Patrick Nadeau: à la rescousse de la rivière des Outaouais

À titre de directeur général de l’organisme Garde-rivière des Outaouais, Patrick Nadeau pourrait dire sans trop exagérer qu’il se retrouve « comme un poisson dans l’eau » tellement il parle avec aplomb et assurance de son rôle visant à rassembler, avec son équipe, tous les acteurs intéressés par la préservation de ce long et magnifique cours d’eau qui s’étend de l’Abitibi-Témiscamingue jusqu’à Montréal.

« Le territoire couvert par notre bassin versant est plus grand que l’Angleterre. Il compte plus de 200 municipalités, dont les deux tiers au Québec et l’autre tiers en Ontario. Oui, notre mission est de protéger cette rivière, mais je vois aussi ce rôle comme celui de rassembleur. Il faut interpeler tout le monde au niveau des municipalités, des gouvernements du Québec et de l’Ontario, du fédéral, et tous les autres responsables de l’agriculture et de la foresterie », explique M. Nadeau,  détenteur d’un baccalauréat en sciences avec spécialisation en biologie de l’Université d’Ottawa et d’une maîtrise en sciences forestières de l’Université de la Colombie-Britannique. 

Les débuts de l’organisme remontent à plus de 17 ans. Il fait partie du réseau Waterkeeper Alliance, qui en compte plus de 300 à travers le monde. Son siège social est à New York. 

« Tous les organismes ont comme mission de protéger un cours d’eau local. On en trouve plusieurs au Canada notamment à Toronto et Vancouver. Pour nous, le cours d’eau le plus important de la région est la rivière des Outaouais », explique M. Nadeau. 

Changement nécessaire

Déjà connu sous le nom de Sentinelle de la rivière des Outaouais, l’organisme a changé de nom il y a six mois environ pour celui de Garde-rivière des Outaouais (Ottawa River Keeper), explique M. Nadeau. 

« Le changement était nécessaire pour le bien de l’organisme. Cette année, nous venons  d’enregistrer un record en amassant plus de 270 000 $ en financement lors de notre dernier gala annuel tenu mercredi à Ottawa en présence de plus de 500 personnes. Cet argent va nous aider à améliorer nos recherches. Nous avons beaucoup de gens d’affaires qui nous appuient qui comprennent les retombées importantes de la rivière », souligne M. Nadeau. 

Au fil des années, l’organisme a pu compter sur le travail acharné de nombreux bénévoles qui consacrent plus de 5000 heures de bénévolat par année pour appuyer l’organisme dans sa lutte pour préserver la rivière des Outaouais contre des menaces bien réelles.  

Au cours des deux dernières années, l’organisme a dû intervenir dans le dossier controversé du dépotoir de déchets nucléaires de Chalk River, mais aussi dans celui des surverses d’égouts tant à Gatineau qu’à Ottawa, deux villes importantes qui ont des systèmes différents qui exigent des solutions distinctes. 

 « Nous sommes intervenus dès le début dans le dossier de Chalk River parce que les documents déposés par les promoteurs du projet n’étaient pas dans les deux langues officielles alors que le projet aura un impact sur toute la population. C’était important d’intervenir sur cette question », a expliqué M. Nadeau. 

« C’est très impressionnant de constater la diversité et les centaines de personnes qui sont impliquées. Ils viennent de différents milieux, des scientifiques, d’anciens sous-ministres à la retraite, des fonctionnaires, des comptables ou des gens qui sont tout simplement intéressés à s’impliquer parce qu’ils ont à cœur l’avenir de la rivière. L’eau de notre rivière touche une fibre sentimentale chez beaucoup de gens. Ils savent que l’eau est un élément essentiel non seulement à la qualité de vie, mais à la vie tout court. C’est aussi une affaire culturelle. Il ne reste plus qu’un pour cent des anguilles d’Amérique dans la rivière. Les autochtones veulent aussi faire quelque chose. » 

En parlant de cette rivière, M. Nadeau émet un souhait : « Ici, nous avons tout ce qu’il faut pour être reconnu mondialement pour notre rivière. Il faut donc continuer le travail pour y arriver. » 

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