Odette Charbonneau-Legault recevra le Prix d’excellence en agriculture Pierre-Bercier, lors d’un gala qui aura lieu le 21 mars.

Odette Charbonneau-Legault, fermière pour la vie

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Odette Charbonneau-Legault, de L’Orignal, a toujours été passionnée d’agriculture. On dit même qu’elle est née « les deux mains dans la terre ».  

Malgré une famille d’une demi-douzaine d’enfants et le travail difficile sur la ferme, elle a toujours trouvé le temps pour concilier son dévouement pour le monde agricole et son engagement social.

Pour souligner son 90e anniversaire, l’Union des cultivateurs franco-ontariens voulait récompenser une personne à la hauteur de ses ambitions. Mme Charbonneau-Legault, qui est elle-même à l’aube de ses 85 ans, était la candidate toute désignée pour recevoir le Prix d’excellence en agriculture Pierre-Bercier, lors du gala qui aura lieu à Plantagenet le 21 mars.

Avec ses frères et sœurs, elle a grandi sur la ferme. Très jeune, elle est déjà passionnée d’agriculture, et intègre le club 4H qui lui a appris, dit-elle, « la fierté d’accomplir quelque chose de bien et l’importance du travail bien fait ».

Mme Legault a épousé Louis Legault en 1954. Ils ont eu une demi-douzaine d’enfants, comme elle se plaît à dire. En même temps que la famille grandissait, leur modeste troupeau de 14 vaches laitières est passé à plus de 125. Toutefois, c’était difficile financièrement et le couple décide de changer d’activité agricole et fonde Les Serres Legault qui restent encore dans le giron familial.

« Mon mari aimait beaucoup diversifier les activités sur la ferme. Nous avons élevé des dindes, des lapins. C’était aussi pour amuser les enfants. La ferme, c’était la meilleure manière d’élever les enfants », raconte Mme Charbonneau-Legault.

Un jour, son mari a voulu ouvrir un Canadian Tire à Alexandria. Mais le permis avait été donné à quelqu’un d’autre. « Quand il est revenu bredouille à la maison, je lui ai dit qu’il allait devoir faire autre chose sur la ferme. Nous attendions la naissance de notre cinquième enfant. C’est là, avec un voisin, que nous avons décidé de lancer Les Serres Legault », a-t-elle raconté.


«  C’est notre responsabilité collective de promouvoir et propager notre langue, notre culture, nos valeurs, que j’ai moi-même su apprécier et recevoir.  »
Odette Charbonneau-Legault

« Nous avons commencé à vendre des légumes porte-à-porte, puis au marché By et au marché de Hawkesbury. Nous ramassions plus de 1000 douzaines de blé d’Inde. Il fallait beaucoup d’employés. Les amis des enfants venaient aussi nous aider. Certains racontent encore qu’il s’agissait des plus beaux moments de leur vie. »

« Moi, je continue à cultiver mon jardin avec les nouvelles méthodes de culture. Des tomates, des aubergines, des fines herbes, de la coriandre vietnamienne. C’est important pour moi d’avoir mon jardin. À l’époque, on vendait une poche de 14 choux 87 cents. Aujourd’hui, un chou peut coûter 7 $. Imaginez. »

Pendant toutes ces années, Mme Legault a toujours trouvé le moyen de concilier son dévouement pour l’agriculture et son engagement social.

En 1977, elle a été du comité fondateur de La Femme et la gestion de la ferme. Elle est également la seule francophone à participer à la création de la Société d’horticulture de l’Ontario, maintenant disparue. Elle a été aussi représentante régionale pour l’Union des cultivateurs franco-ontariens pour la région de Prescott et Russell. Son implication lui a appris à être à l’écoute.

Elle a aussi mis sur pied une rencontre pour les Charbonneau. Plus de 350 membres de la grande famille venus de plusieurs continents se sont rassemblés à Alfred pour cette réunion.

Pendant plus de dix ans, elle s’est également impliquée pour la francophonie, auprès de l’ACFO Prescott-Russell, aux côtés de Jean Poirier.

Pour elle, c’était important de faire vivre ses racines et continuer l’histoire de ses ancêtres.

« C’est notre responsabilité collective de promouvoir et propager notre langue, notre culture, nos valeurs, que j’ai moi-même su apprécier et recevoir », a-t-elle expliqué.