Michel Prévost est retraité de son poste d’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa, depuis le 31 décembre.

Michel Prévost : Une retraite « engagée »

Chaque semaine, Le Droit, rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Vous connaissez une personne qui mérite d'être notre tête d'affiche, communiquez avec nous. Écrivez-nous à nouvelles@ledroit.com.

Au cours des quatre dernières décennies, Michel Prévost aura été une inspiration par son engagement acharné à la préservation et la mise en valeur du patrimoine de la région.

Sa détermination à la prise de conscience collective de l’importance de ces trésors de notre histoire, notamment du patrimoine religieux et de l’avenir du patrimoine agricole franco-ontarien, a été soulignée de brillante façon avec la remise, tout récemment, du grand prix Bernard Grandmaître 2018 par l’ACFO d’Ottawa.

Retraité depuis le 31 décembre de son poste d’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa, M. Prévost n’entend pas se croiser les bras pour autant. Et il se dit privilégié de pouvoir continuer à poursuivre son engagement.

Il restera très actif sur les deux rives à la présidence de la Société d’histoire de l’Outaouais, comme conférencier, chroniqueur, mais aussi lors de visites guidées, une activité qui lui permet de faire connaître des lieux d’importance et souvent peu connus de notre histoire régionale. 

Son agenda est bien rempli. Après le lancement d’un livre sur le quartier du Moulin à Gatineau, une conférence sur le canal Rideau, puis une activité à Montebello de la Table régionale du patrimoine pour discuter du projet de restauration de l’église, il y a aussi eu les entrevues sur le projet controversé d’expansion du Château Laurier à Ottawa, les rencontres au sujet du quartier du Musée à Gatineau et une autre sur l’ancienne prison de l’Orignal dans l’Est ontarien. L’autre jour, a-t-il raconté, il a aussi eu le privilège de rencontrer les religieuses des Servantes de Jésus-Marie dans le cadre d’un projet visant à conserver leur mémoire, alors qu’elles s’apprêtent à quitter l’immeuble de la rue Laurier, vendu à la Commission de la capitale nationale.

« Je pensais bien débuter ma retraite en pratiquant des sports d’hiver. Mais ce n’est pas ce qui se passe. Le mois de février est le mois du Patrimoine à Ottawa et Gatineau. Alors mon agenda est bien rempli. Ce n’est pas avant septembre que je pourrai faire mon premier voyage de retraite, alors que j’irai en Croatie », explique le nouveau retraité... qui ne l’est pas tout à fait.

M. Prévost ne compte plus les batailles qu’il a dû mener pour faire reconnaître l’importance de nos lieux historiques, de notre patrimoine bâti, sur les deux rives de la rivière des Outaouais.

« Ma plus grande fierté aura été la campagne de sensibilisation menée pour préserver l’intégrité de la cathédrale Notre-Dame. Quand j’entre dans la cathédrale maintenant, je suis très heureux, car c’est la plus belle église de la capitale et une des plus belles au pays », explique avec fierté M. Prévost.

Il a aussi été de la lutte pour la conservation de la Maison du gardien du cimetière Notre-Dame à Gatineau, une saga qui aura duré 10 ans, rappelle-t-il. « Il y a eu trois demandes de démolition. Chaque fois, nous devions recommencer. Il a fallu beaucoup d’énergie et ça s’est terminé par une victoire. Les propriétaires, Les Jardins du souvenir, sont maintenant très fiers de l’avoir. »


« « Ce n’est pas avant septembre que je pourrai faire mon premier voyage. » »
Michel Prévost

Un message à marteler

Cet exemple lui démontre qu’il doit continuer à marteler l’importance de conserver et de mettre en valeur notre patrimoine à Ottawa et dans l’Est ontarien, ainsi qu’à Gatineau et dans la région de l’Outaouais.

« C’est incroyable de voir que des gens veulent changer des édifices, des quartiers, des noms de rues. Dans certains cas, c’est peut-être correct. Mais moi, je leur dis attention. Il est important de diffuser et de protéger ce patrimoine si on veut continuer à avoir un sentiment d’appartenance. Il faut absolument garder des traces de notre histoire. »