Après avoir rangé ses instruments, Michel Normandeau a été gestionnaire du programme Musicaction.

Michel Normandeau a pleuré avec les autres

Pour un instant, les sept membres du groupe Harmonium ont accepté de recréer ce moment inoubliable de leur réunion, une première en 40 ans, lors de cet hommage que leur a rendu récemment l’ADISQ à la Place des arts.

Une fois sur la scène, ils ont tous pleuré, versant des larmes devant ce tsunami d’amour qu’ils ont reçu ce soir-là. Soirée qu’ils n’oublieront pas de sitôt.

«Ce fut une soirée émouvante de se retrouver les sept. Même si certains d’entre nous avaient gardé des contacts, nous ne nous étions pas retrouvés ensemble depuis les années 1970. C’était un beau clin d’œil du public. Maintenant, chacun fait sa vie et c’est correct», a raconté Michel Normandeau, un des musiciens du groupe, qui habite dans la région depuis déjà quelques décennies.

Une autre carrière bien remplie

Après le succès d’Harmonium et la séparation du groupe, il s’est installé dans la région et a été haut fonctionnaire à Patrimoine canadien pendant 22 ans comme gestionnaire du programme Musicaction. Le programme qu’il a créé existe encore.

«Je suis particulièrement fier du succès de ce programme qui continue à aider les artistes», a-t-il dit. Il a ensuite travaillé pendant huit ans à TFO, avant de prendre sa retraite. Il célébrera son 70e anniversaire l’an prochain.

Pendant plus de 25 ans, il n’a pas touché à un instrument. Puis, en 2006, il a retrouvé son accordéon qu’il a dépoussiéré pour jouer bénévolement de la musique dans des résidences de personnes âgées.


« Je suis toujours très touché quand les jeunes de 17 ans disent qu’ils aiment notre musique. »
Michel Normandeau

«Je racontais les aventures de mon grand-père, et j’en rajoutais. Les gens aimaient beaucoup.» Puis, à l’invitation de Sylvie Dufour du Théâtre de l’île, il a créé un spectacle de chansons françaises, Mademoiselle de Paris, présenté à plusieurs reprises au Théâtre de l’Île ces dernières années. Il a aussi écrit un roman en 2016.

Toute une surprise

Avant la soirée de l’ADISQ, Michel Normandeau et les autres membres du groupe n’avaient pas été informés des détails de l’hommage.

«Je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer. Deux semaines avant le gala, je suis allé à Montréal faire un petit bout d’entrevue à Radio-Canada qui a servi à la vidéo lors de la soirée. J’ai vu seulement deux autres membres du groupe à cette occasion. Je n’ai pas vu les autres», a-t-il expliqué.

«On nous a demandé de passer sur le tapis rouge de la Place des arts. Puis, on s’est tous retrouvé là, pour la première fois depuis 40 ans. Les gens ont dû se demander ‘c’est qui ces vieux-là’. Il y en a du groupe que je n’aurais même jamais reconnu sur la rue. Et moi, j’avais des cheveux très longs l’époque. Et là, je n’en ai plus. Alors ce fut toute une surprise de se revoir.»

Beaucoup d’amour

Dans la salle, ils étaient assis dans la même rangée, et ils se sont levés pour aller voir et entendre l’hommage et le medley de leurs chansons avec orchestre symphonique, Céline Dion, Richard Séguin, Paul Piché et Michel Rivard.

«Nous sommes arrivés sur la scène ensemble et on n’avait aucune idée de ce qui allait se passer. Puis, ils ont installé une cinquantaine de chaises pendant la pause. On a compris alors que quelque chose allait se passer. Céline Dion (sur écran), puis Richard Séguin, Michel Rivard, Paul Piché. On pouvait sentir tellement d’amour. Les gens ne nous ont pas oubliés même après 40 ans. Cet hommage nous a touchés beaucoup», a raconté M. Normandeau.

«Je suis toujours très touché quand les jeunes de 17 ans disent qu’ils aiment notre musique. C’est une musique intemporelle. Nous avons travaillé très fort. Le reste, c’est au-delà de moi. Tout ce que je peux dire, c’est que la musique existe et que les gens l’aiment encore.»