Michel Careau ne fait plus d’ultramarathons, mais il court toujours.

Michel Careau: l’ultramarathonien de fer

Lorsque l’ultramarathonien hullois Michel Careau a commencé à faire de la course, il était loin de se douter que ses souliers allaient ainsi beaucoup, beaucoup voyager.

Des milliers et milliers de kilomètres plus tard, la longue et brillante carrière de cet athlète hullois d’élite nous est racontée dans Chroniques d’un ultramarathonien : Michel Careau, un livre de plus de 450 pages, écrit par Jean-Claude Trottier, et publié par le Musée des sports de Gatineau. Le lancement a eu lieu récemment à la Maison du citoyen, en présence de nombreux parents et amis. 

« J’ai eu deux carrières. Une comme diplomate, le jour. Et une autre, la nuit, alors que j’allais m’entraîner. »

Michel Careau

Né à Québec en 1940, Michel Careau est arrivé à Ottawa en 1967, puis déménage à Hull en 1982. Diplômé de l’Université Laval, il entreprend en 1967 une carrière diplomatique. 

Après avoir longtemps été directeur des affaires internationales à Santé et Bien-être social Canada, il va travailler comme diplomate dans de nombreux pays comme la Colombie, l’Équateur, les États-Unis, ainsi qu’à Panama, la Côte d’Ivoire, le Maroc, la Suisse, l’Angleterre et le Sénégal. 

C’est pendant un de ses séjours à l’étranger, en 1981, qu’il commence à faire de la course à pied et des ultramarathons. La course à pied ne demandait pas beaucoup d’équipement, et il pouvait s’entraîner régulièrement lors de ses nombreux déplacements, a-t-il expliqué.  

« J’ai eu deux carrières. Une comme diplomate, le jour. Et une autre, la nuit, alors que j’allais m’entraîner », raconte M. Careau, qui fêtera ses 80 ans l’an prochain. 

Il a tenu à saluer la patience de son épouse Louise, qui l’a appuyé malgré ses longues périodes d’entraînement et de compétitions, et lors de ses réussites et des déceptions après les courses auxquelles il a participé un peu partout dans le monde, dans des conditions météorologiques souvent pénibles, et qui l’ont souvent mis durement à l’épreuve. 

Première course chronométrée en 1981

C’est à Chavagnes en Paillers, en France, en mai 1981, que tout a vraiment commencé. 

« Tout à fait par hasard, il appert qu’à Chavagnes en Paillers, je prends connaissance de l’existence d’une course de 10,8 kilomètres. Ce sera ma première course chronométrée (01:05:00) à vie », relate M. Careau.  

La suite est incroyable alors que l’homme de fer participera à plus de 67 ultramarathons (des courses plus longues que les 42,195 km d’un marathon), et une multitude de courses dont plusieurs non officielles à des fins de charité. 

Parmi ses nombreux honneurs, Michel Careau a ainsi remporté la première place lors d’une course le 7 novembre 1986 à Flushing Meadow, New York, franchissant la distance de 413 milles et 367 verges en 144 heures (six jours). Il s’agit d’un des records canadiens qu’il a fracassés, un autre étant celui d’un 48 heures à 171 milles.  

« L’ultramarathon est un sport assez marginal, pour des raisons assez évidentes : malgré une performance de 552 km, l’an dernier, j’avais dû me contenter d’une deuxième place. Les ultramarathoniens courent, joggent et marchent pendant la quasi-totalité des cinq jours, s’accordant en moyenne trois ou quatre heures de sommeil quotidien », raconte-t-il. Son livre est truffé de statistiques, de photos, d’anecdotes, de poèmes et de notes manuscrites racontant sa longue traversée incroyable qui a inspiré plusieurs athlètes d’ici et d’ailleurs.  

En 1998, alors qu’il se prépare pour une course de 48 heures à Surgères en France, on lui diagnostique une sténose aortique. Il est opéré à l’Institut de cardiologie en avril 1998 grâce à un don d’organes. Aujourd’hui, il s’entraîne toujours et fait encore de la course, mais plus d’ultramarathon, bien qu’il compte bien en refaire, selon ce qui est raconté dans son livre.  

Michel Careau, un homme persévérant et inspirant, encore et pour longtemps.