La directrice générale de la Ville de Gatineau, Marie-Hélène Lajoie

Marie-Hélène Lajoie: quand le droit mène à... Gatineau

Le droit peut mener à tout. La directrice générale de la ville de Gatineau, Marie-Hélène Lajoie, peut en témoigner, elle qui vient de recevoir un prix prestigieux de son alma mater : l’Ordre du mérite 2019 de la section de droit civil de l’Université d’Ottawa, remis chaque année à des diplômés qui sont des chefs de file dans leurs secteurs.

Première femme à la direction générale d’une grande ville du Québec et à la présidence de l’Association canadienne des administrateurs municipaux, Me Lajoie recevra cet hommage lors de la Rentrée solennelle des cours le 4 septembre.

« Cela démontre que le droit peut mener à tout. Et si ça peut inspirer, c’est possible », a souligné Marie-Hélène Lajoie lors d’une entrevue accordée dans son bureau de la Maison du citoyen.

Native de la région du Saguenay, elle est venue étudier à l’Université d’Ottawa à l’âge de 19 ans. Depuis 30 ans, elle s’est attachée à la région au point de ne plus vouloir partir, sauf pour une courte période où elle rêvait d’être une grande avocate dans un grand bureau de Montréal.

Mais la vie montréalaise n’était pas pour elle. Elle est vite revenue dans sa région d’adoption, où elle pouvait pratiquer des sports de plein air et poursuivre sa carrière, d’abord comme avocate puis comme gestionnaire à la ville de Gatineau.

« Au début de mes études, ce n’était pas très clair pour moi si je voulais vraiment être avocate. C’est mon professeur (et ancien ministre) Benoît Pelletier qui m’a donné l’élan, ce goût pour plaider, argumenter, que j’ai toujours gardé », raconte celle qui est membre du Barreau depuis 1995.

Avocate en pratique privée spécialisée en droit municipal, elle a eu comme mentor Me Martin Bédard. Elle a ensuite été chef du Service du contentieux pour la ville d’Aylmer de 2000 à 2002. Après la fusion, elle a été directrice du Service des affaires juridiques de Gatineau de 2002 à 2004. Nommée directrice générale adjointe en 2004, elle a été responsable de la majorité des services municipaux jusqu’à sa nomination comme directrice générale en 2013.

« Je me suis retrouvée à 34 ans devant un défi important comme responsable des services municipaux après la fusion. Non seulement j’étais une femme, mais j’étais aussi relativement jeune. Mon fils Vincent, qui a maintenant 17 ans, est né la même année que la fusion. Je venais travailler au bureau avec mon bébé. »

« Comme avocate, j’étais quand même bien préparée parce qu’il s’agissait souvent de dossiers opérationnels comme ceux que je devais préparer avant d’aller devant la Cour. Pour moi, les opérations, c’est un passage obligé pour prendre les bonnes décisions. J’aime encore mettre mes bottes et aller voir les employés lorsqu’ils réparent une conduite, ou un nid-de-poule, pour avoir une meilleure compréhension des problèmes qu’ils rencontrent et trouver des solutions. Cela permet de mieux expliquer aux membres du conseil pourquoi on prend telle ou telle décision. »

Me Lajoie s’est particulièrement illustrée comme gestionnaire en menant l’administration gatinoise à travers trois sinistres majeurs en trois ans, soit les inondations de 2017 et 2019, de même que la tornade de septembre 2018.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a tenu à souligner le parcours exemplaire et le leadership qu’a démontré Me Lajoie lors des sinistres, qui lui ont valu son prix de l’Ordre du mérite. « Grâce à son leadership, la Ville de Gatineau a répondu avec force et efficacité, alors que nos opérations sont aujourd’hui citées en exemple à travers le pays », a souligné le maire.

« Lorsque de tels sinistres surviennent, on ne peut prévoir tous les scénarios, poursuit la directrice générale. Lors de la tornade, on devait envoyer les sinistrés à l’école secondaire Mont-Bleu. Mais l’école a aussi été touchée. Alors il a fallu rapidement trouver un autre plan. Aujourd’hui, lorsque nous préparons des exercices et des plans d’intervention, tout le monde comprend l’importance d’y participer. Cela a permis de consolider notre équipe de gestion. »

La DG a tenu à souligner l’effort de tous les employés de la ville de Gatineau qui ont contribué et qui continuent tous ensemble à répondre aux besoins des citoyens suite à ces sinistres qui ont instauré une culture encore davantage axée sur les citoyens et sur la sécurité civile.

« Il ne fallait pas oublier que nous avions aussi en même temps à répondre aux besoins de 90 à 95 % de notre population qui n’était pas directement touchée par ces sinistres. Il y avait aussi des employés municipaux qui étaient eux-mêmes affectés. Il y avait un côté humain qu’il fallait comprendre. C’était tout un défi de vivre ces situations difficiles. »