La Dre Lyne Pitre a reçu le Prix du mérite pour l’ensemble de son œuvre et sa contribution exceptionnelle au développement de la médecine et au rayonnement académique et scientifique en français.

Lyne Pitre: un pilier de la médecine en français

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Les médecins francophones de moins de 50 ans qui pratiquent quelque part en Ontario ont de bonnes chances d’avoir croisé cette pédagogue passionnée pendant leurs années de formation. 

Depuis 1996, la Dre Lyne Pitre a aidé à former plus de 200 étudiants francophones, jouant un rôle déterminant dans l’avancement de la médecine et dans la carrière d’un nombre impressionnant de médecins en Ontario français. 

Née à l’Hôpital Montfort et native d’Eastview (ancien nom de Vanier), comme elle aime bien le rappeler, la Dre Pitre est diplômée en médecine de l’Université d’Ottawa en 1986.  

Récemment, l’Hôpital Montfort lui a remis le Prix du mérite  pour l’ensemble de son œuvre et sa contribution exceptionnelle au développement de la médecine et au rayonnement académique et scientifique en français. 

En l’honorant, l’Hôpital Montfort a souligné que la Dre Pitre est « la force grâce à laquelle le programme de résidence en médecine à Montfort a un fort taux d’attraction ». 

Cette année, les 17 postes de résidents à Montfort seront tous comblés, soit 13 en médecine familiale et les autres en médecine spécialisée. 

Par son travail et sa persévérance, le Dre Pitre aura permis à l’hôpital de se tailler une place de choix en devenant hôpital universitaire reconnu après avoir été menacé de fermeture, il y a 20 ans. 

« Lorsque j’étais étudiante en médecine, je suis allée un mois en résidence de médecine familiale à Montfort. J’avais été ravie de la gentillesse des gens. D’ailleurs, cela fera 30 ans que j’ai un bureau où je pratique la médecine familiale à l’Hôpital Montfort », explique Lyne Pitre en entrevue. 

Non seulement s’est-elle impliquée comme médecin à Montfort, mais elle a aussi été très active dans l’administration de l’hôpital qui l’a vue naître, en étant chef du département de médecine familiale de 1993 à 1997. 

En même temps, elle a cumulé des tâches comme chargée de cours à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, puis de 1996 à jusqu’à ce jour, elle est directrice du programme de résidence. Elle a en même temps participé à la création du Bureau des affaires francophones de la Faculté de médecine de l’Ud’O. 

Pendant sa carrière, elle a développé plusieurs cours, notamment sur les soins aux nouveau-nés, les soins obstétricaux, la pédiatrie, le diabète et les soins palliatifs.  

Elle a aidé les étudiants en médecine à gérer la fatigue ou à annoncer de mauvaises nouvelles aux patients, dans plusieurs régions du pays et même jusqu’à Prague en Tchécoslovaquie. 

Au cours des prochaines années, la Dre Pitre aimerait bien que le programme de résidence en médecine soit offert pour toutes les spécialités disponibles à Montfort. 

Elle voudrait aussi se consacrer davantage à la recherche, en développant de meilleurs programmes pour l’enseignement de la médecine. 

Quant au français, elle émet le souhait que les étudiants francophones en médecine soient davantage conscients de l’importance de parler en français en dehors des cours.

« Les jeunes sont très contents d’avoir leur formation de médecine en français. Ce qui manque, c’est qu’ils parlent plus souvent français à l’extérieur de salles de cours, dans les corridors ou ailleurs. C’est la même situation que l’on voit ailleurs, dans les cours d’école. Il faut leur redonner la fierté de parler en français. Il ne faut jamais s’asseoir sur ses lauriers, il faut toujours être aux aguets. Comme disait aussi Me Ronald Caza, la première décision à prendre dans notre journée, c’est de vivre en français ou en anglais. Moi, j’ai pris la décision consciente de vivre en français tous les jours. »