Le président de la Fondation Mathieu-Froment-Savoie, Luc Labbé, affirme que la campagne de financement silencieuse a déjà donné de bons résultats.

Luc Labbé: un élan de compassion et de générosité

Fondée en 1993, la Maison Mathieu-Froment-Savoie offre gratuitement ses services d’accompagnement et de soutien aux personnes en fin de vie, ainsi qu’à leurs proches.

Sa notoriété est maintenant bien établie. Il s’agit de la maison de soins palliatifs la plus achalandée au Québec. Avec ses 11 lits en soins palliatifs, elle ne peut toutefois répondre qu’à 33 % des demandes qu’elle reçoit dans la région.

Pour accroître son offre de services, ses responsables procéderont le lundi 16 septembre à la première pelletée de terre pour un agrandissement de l’établissement situé au coin de la rue Sherbrooke et du boulevard Moussette. Ils lanceront en même temps une campagne majeure de financement de 3 millions $.

« Avant de lancer cette campagne, nous avons d’abord vérifié s’il y avait de l’intérêt. Nous avons mis en place un cabinet de campagne qui fonctionne depuis déjà un certain temps. La réponse de la communauté a été très positive. Notre campagne silencieuse a déjà donné de bons résultats », a mentionné Luc Labbé, président de la Fondation Mathieu-Froment-Savoie, qui dévoilera les premiers résultats de la campagne en présence de nombreux dignitaires.

Originaire du Nouveau-Brunswick, M. Labbé habite la région depuis 2002. Associé de la firme Marcil Lavallée, il a accepté de s’impliquer au sein de la Fondation parce qu’il a compris l’importance de sa mission dans la région. « Je veux permettre aux gens de notre communauté de partir dans toute la dignité que la vie mérite », souligne-t-il.

Depuis, il travaille avec une équipe formée de personnes venant de tous les milieux de la communauté pour mettre sur pied cette campagne qui fait appel à la générosité de tous.

Le projet d’agrandissement s’élève à 2 millions $, et permettra d’ajouter cinq lits pour offrir des soins palliatifs aux personnes en fin de vie.

Un montant de 500 000 $ doit permettre d’accroître les services donnés par son programme Le Havre, qui offre du soutien à domicile également pour les personnes en fin de vie.

Une réserve de 500 000 $ sera consacrée aux imprévus liés notamment aux coûts d’opération des lits qui doivent être assumés par la maison.

« Pour l’agrandissement, l’argent doit venir entièrement de la communauté. Quant aux cinq nouveaux lits, le gouvernement québécois paie la moitié des coûts de fonctionnement. Un lit coûte environ 150 000 $, il faut donc que nous allions chercher l’autre moitié avec du financement provenant de la communauté, soit près de 75 000 $ par lit. Ce sont des coûts importants si on fait le calcul. Puisque nous offrons nos services gratuitement, nous devons faire appel à la générosité des familles et de la population », a expliqué M. Labbé.

Avec un total de 16 lits, la maison agrandie ne pourra encore répondre qu’à la moitié des 450 demandes qu’elle reçoit chaque année. « Même en ajoutant cinq autres lits, on ne pourra pas encore répondre à plus de 50 % des demandes. »

Pour être accueilli en fin de vie à la Maison Mathieu-Froment-Savoie, il y a un processus bien établi à respecter.

« Ce sont les médecins qui recommandent les patients sur la liste. Ce n’est pas parce qu’on est mécène qu’on passera avant les autres. C’est un processus totalement objectif. » Le programme Le Havre offre des services à domicile, mais la demande de ce côté est aussi élevée.

« Avec ce programme qui est offert depuis déjà un certain temps, nous n’offrons pas encore de traitement médical, mais plutôt un encadrement pour les personnes en fin de vie qui sont à la maison. Nous voulons étendre l’offre de services pour le soutien d’accompagnement, le soutien psychologique, les massages, et autres traitements holistiques à domicile. »

Pour le reste de la campagne, toute l’équipe de la maison Mathieu-Froment-Savoie espère maintenant que les belles histoires de compassion, d’entraide et leçons de vie vécues par toutes les personnes en fin de vie et leurs familles qui sont passées par-là, entre ses murs, viendront faire le reste pour s’assurer qu’elle poursuive son œuvre pendant encore très longtemps.