« C'est très enrichissant de côtoyer toutes ces personnes. J'en retire beaucoup. Ces familles ont vécu des choses horribles et doivent souvent recommencer leur vie à partir de zéro », affirme Colette Trent.

Les réfugiés peuvent compter sur Madame Colette

Impliquée depuis plus de quarante ans dans l'accueil des réfugiés au pays, Colette Trent a vécu plusieurs vagues d'immigration, à commencer par les boats peoples vietnaminens des années 70. Le Droit et Radio-Canada reconnaissent à leur tour l'implication de madame Trent en la nommant Personnalité de la semaine.
Des centaines de familles de réfugiés ont pu compter sur l'entraide et le soutien de nombreux bénévoles lors de leur arrivée dans la région de l'Outaouais, pour leur permettre de s'intégrer à la communauté.  
Colette Trent, surnommée affectueusement «Madame Colette» par les uns ou «Maman Colette» par les autres, fait partie de ces personnes d'une grande générosité qui multiplient les gestes d'entraide qui font une grande différence dans la vie de nombreuses familles de réfugiés.
C'est à Kingston, pendant que son époux John était aux études, qu'elle s'est d'abord impliquée auprès d'une famille de Tchécoslovaques. Puis, lorsqu'elle est arrivée en Outaouais, elle s'est impliquée auprès des réfugiés vietnamiens en 1976, puis lors de la création d'Accueil parrainage Outaouais, organisme qu'elle a présidé plus tard pendant plusieurs années.
«Ma première implication a été avec l'arrivée des réfugiés arrivés du Vietnam. Avec d'autres personnes, nous avions écrit au ministre des Transports pour louer pour 1$ une petite maison expropriée sur la 105 par le ministère des Transports afin d'accueillir une famille de réfugiés que nous avions parrainée.» 
Depuis qu'elle a pris sa retraite de la fonction publique fédérale, elle a décidé de s'impliquer différemment, non plus au sein du conseil d'administration, mais plutôt sur le terrain directement auprès des familles de réfugiés non parainées qui peuvent rencontrer certaines difficultés. Elle s'appuie sur ses connaissances et tout un réseau pour les conseiller et leur offrir de l'aide, souvent indispensable. «Je suis arrivé dans une famille. Le petit garçon était accroupi sur une toilette. Il ne savait pas quoi faire. Il n'avait jamais vu une toilette de sa vie. Il a fallu expliquer comment faire»,raconte-t-elle. 
Avec l'appui d'amis et d'un commerce de Chelsea, The Nearly New Shop, elle amasse divers objets non vendus qu'elle distribue ensuite aux réfugiés. Des mitaines, des vêtements, des lampes, des rideaux et autres objets qui ne sont pas offerts aux familles par le gouvernement. Elle donne aussi un cours sur la manière de se vêtir en hiver. «Quel type de bottes acheter pour ne pas avoir froid? C'est le genre de conseils qui peuvent être très utiles quand on a jamais connu l'hiver.» 
Elle conduit des familles à Montréal lors de leurs démarches en immigration. En pleine nuit, elle a appelé un ami réfugié pour qu'il se rende à l'hôpital pour agir comme interprète d'une famille africaine pendant un accouchement difficile.
Si elle a pris des cours d'espagnol, elle regrette maintenant de ne pas connaître l'arabe, langue de la famille de son grand-père native d'Alep, ville de Syrie où de nombreuses familles sont faites prisonnières ces jours-ci.
«C'est très enrichissant de cotoyer toutes ces personnes. J'en retire beaucoup. Ces familles ont vécu des choses horribles et doivent souvent recommencer leur vie à partir de zéro. Je leur demande simplement d'aider les autres à leur tour quand ils le pourront. Et ma plus grande satisfaction, c'est de voir que d'anciens immigrants viennent aider de nouveaux arrivants en leur redonnant de l'aide. C'est mon plus beau cadeau», explique Mme Trent. À 74 ans, elle souhaite continuer aussi longtemps qu'elle le pourra à donner son aide et son soutien aux familles de réfugiés de la région.