Marcel Gibeault est devenu Chevalier de l'Ordre de la Pléiade, la semaine dernière.

Les institutions francophones en priorité

Fier francophone originaire du village de Crysler dans l'Est ontarien, Marcel Gibeault est devenu Chevalier de l'Ordre de la Pléiade, la semaine dernière, pour souligner des décennies d'implication bénévole dans le développement d'institutions francophones. Pour ces mêmes raisons, Le Droit et Radio-Canada l'ont choisi à titre de personnalité de semaine.
De 1972 jusqu'à sa retraite en 2005, Marcel Gibeault a pratiquement fait le tour de la fonction publique fédérale, occupant des postes au Secrétariat du Conseil du Trésor, à la Commission de lutte contre l'inflation, au ministère des Finances, au Bureau du vérificateur général et au ministère des Ressources naturelles.  
Partout où il passait, il affirme avoir tenté d'être « un champion des langues officielles » et fait tout en son pouvoir pour offrir les ressources nécessaires à ses collègues afin de faciliter le travail dans la langue de Molière.
À l'extérieur des heures de travail, par contre, son temps était dévoué au développement d'institutions francophones, particulièrement à Orléans où il réside depuis 45 ans.
Trois implications ont été particulièrement marquantes, explique M. Gibeault. D'abord, il y a ses neuf années au conseil d'administration de la Caisse populaire d'Orléans. Il soutient que c'est avec cette expérience qu'il a pris conscience de l'importance pour un organisme francophone « d'avoir pignon sur rue ».
« Ça permet de rendre la francophonie plus visible. Les gens ont un endroit où se rendre pour échanger et socialiser. Ça aide à garder un lien avec la communauté, un sentiment d'appartenance. »
Marcel Gibeault s'est assuré que « les bottines suivent les babines » et s'est impliqué pendant 12 ans au comité de financement pour la construction et le fonctionnement du Centre culturel d'Orléans, un travail qui a porté ses fruits.
À sa retraite en 2005, il a été « recruté » par son ami Gérald Poulin - incidemment, aussi décoré à l'Ordre de la Pléiade - pour donner du temps au Rendez-vous des aînés francophones d'Ottawa (RAFO). Là aussi, sa priorité a été de donner une adresse à cette organisation. « Ça m'a paru une bonne cause. J'ai donc développé le plan d'affaires pour procéder à l'achat de l'ancienne école élémentaire Notre-Dame-des-Champs », raconte M. Gibeault.
Ce centre de loisirs est désormais l'épine dorsale du RAFO où de nombreuses activités sont organisées sur une base hebdomadaire.
Depuis maintenant 12 ans donc, le retraité de la fonction publique travaille bénévolement pour le RAFO et s'assure notamment de la bonne santé financière de l'organisme, un boulot qu'il accomplit avec grand plaisir.
« Quand on fait du bénévolat, on va chercher une satisfaction à mettre au service des autres notre expertise, nos connaissances et notre expérience. J'ai encore de l'énergie pour le faire, alors je continue. »
Malgré tout le temps passé au RAFO, Marcel Gibeault dit
s'accorder du temps pour lui, notamment pour s'occuper de ses proches et de ses petits-enfants. Aussi pour s'accorder quelques semaines de vacances ici et là. Après tout, il faut profiter de la retraite un brin.