Le Gatinois Félix Lamy passera de l'usine de Renault Sport au centre de recherche et d'innovation d'Infiniti en Grande-Bretagne.

Le génie d'un jeune passionné

Il n'a que 21 ans, est à mi-chemin de son baccalauréat à l'Université McGill, et pourtant, le Gatinois Félix Lamy côtoie quotidiennement des ingénieurs automobiles parmi les meilleurs au monde. Premier Canadien à mériter sa place à l'Académie de génie d'Infiniti, il travaille actuellement sur les monoplaces de Formule 1 de Renault Sport, dans une usine d'Angleterre. Pour ses exploits, Le Droit et Radio-Canada l'ont choisi à titre de Personnalité de la semaine.
Le Salon international de l'auto de Montréal battait son plein, la semaine dernière. Et non, la tête d'affiche d'Infiniti n'était pas son plus récent modèle de véhicule. L'entreprise japonaise a plutôt choisi de miser sur le Gatinois Félix Lamy pour se démarquer dans cette foire de l'automobile.
C'est de Montréal qu'il s'est entretenu avec Le Droit. C'est beaucoup d'attention médiatique pour ce jeune homme, qui en était alors à sa cinquième entrevue de la journée. Il est toutefois loin de s'en plaindre.
« On n'associe pas souvent les ingénieurs à ceux qui répondent aux questions des journalistes, mais j'aime bien ça », dit Félix Lamy.
Les derniers mois n'ont pas été de tout repos pour le Gatinois originaire du secteur Aylmer. Avant son stage en Angleterre, il a participé - avec ses équipiers de l'Université McGill - à la compétition de design automobile de la Formule SAE. Le véhicule construit à Montréal les a menés aux États-Unis et en Allemagne pour des courses.
Quelques mois plus tard, il s'est retrouvé dans l'usine d'une écurie de Formule 1, le nec plus ultra de la course automobile.
« Mettre les pieds dans une usine de Formule 1 et tout visiter, même ce qui est secret, c'était réaliser un rêve d'enfance, confie-t-il. Après ça, ils t'assignent un ordinateur et un bureau. C'était vraiment un beau moment. »
Félix Lamy dit avoir vécu un « choc culturel » à ses premiers jours en Grande-Bretagne. Là-bas, il habite dans une résidence avec un Australien et un Chinois qui ont, eux aussi, remporté leur place à l'Académie de génie d'Infiniti.
Malgré tout, il se dit très heureux là-bas, lui qui a toujours été passionné par la mécanique et les voitures. Les travaux manuels l'ont toujours intéressé, dès son plus jeune âge.
« J'aimais beaucoup travailler avec mes mains. Ce n'est pas comme des voitures, mais je faisais des plans de cabanes. À 12 ou 13 ans, c'était plus des go-karts. »
Contrairement aux autres jeunes de 14 ans qui vont généralement économiser pour s'acheter un vélo ou une console de jeux vidéo, Félix a utilisé l'argent gagné en travaillant l'été au club de golf Rivermead pour s'acheter une soudeuse.
Il reste un peu plus de trois mois à Félix Lamy à l'usine de Renault Sport. Par la suite, il passera six mois au centre de recherche et d'innovation d'Infiniti où il essaiera de transposer les savoirs acquis avec des ingénieurs de F1.
Félix Lamy estime que les innovations de la F1 peuvent apporter beaucoup à l'industrie automobile, tant au chapitre de la performance que de la sécurité. Les moteurs électriques des nouvelles monoplaces hybrides pourraient, par exemple, servir de base pour les futurs modèles de voitures électriques d'Infiniti, selon le Gatinois.
« Je vois cette année comme une interview. J'essaie d'écouter le plus possible, d'en apprendre le plus possible. Par la suite, c'est certain que je serais intéressé à continuer mes projets avec Infiniti. »
Avant cela, toutefois, il retournera à McGill terminer son baccalauréat et obtenir son titre d'ingénieur.
Il espère d'ailleurs que son parcours en inspirera d'autres à poursuivre leurs rêves et à travailler en fonction de ceux-ci.
« Mes professeurs au collège St-Alexandre connaissaient mes objectifs et m'ont encouragé, dit-il. Mon expérience démontre que si les jeunes étudiants ont un rêve et qu'ils déterminent quelles étapes il faut suivre pour l'atteindre, c'est possible. »