Colette Coughlin est l'une des membres du groupe fondateur et présidente du conseil d’administration du dépanneur Sylvestre.

Le dépanneur Sylvestre, un lieu de partage et d’entraide

Chaque semaine, Le Droit rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Cette semaine : Colette Coughlin.

C’était en 2002. Un groupe d’une douzaine de personnes, qui voulaient s’impliquer pour aider davantage les gens vivant des situations difficiles, a décidé d’acheter le dépanneur du quartier.

Dix-sept années plus tard, le dépanneur Sylvestre a toujours pignon sur la rue Fortier, dans le secteur Hull, à Gatineau.

S’il ne s’y vend plus de bière ou de cigarettes comme à ses débuts, il donne davantage aujourd’hui un sens au partage qu’avaient en tête ses membres fondateurs.

Une Initiative citoyenne

Le dépanneur Sylvestre est une initiative citoyenne qui a mis l’inclusion et l’aide inconditionnelle au centre de ses valeurs. L’organisme n’est géré que par des bénévoles et ne reçoit aucune subvention gouvernementale.

Il vient de recevoir récemment à Gatineau une distinction pour accomplissement exceptionnel du lieutenant-gouverneur du Québec J. Michel Doyon. La cérémonie a eu lieu à Gatineau en présence de députés et conseillers municipaux.

« En 2002, nous étions un groupe d’une douzaine de personnes qui voulions nous impliquer pour vivre plus l’entraide. Au départ, nous faisions des soirées musicales chez un des membres du groupe, mais nous avons senti le besoin d’avoir un espace à tout le monde », a expliqué Colette Coughlin, une des membres du groupe fondateur et présidente du conseil d’administration du dépanneur Sylvestre.

La recherche pour cet espace a mené au dépanneur Sylvestre, commerce qui était à vendre.

« Nous avons appelé beaucoup de gens pour amasser de l’argent et nous avons fait une offre très basse. Les propriétaires devaient vendre. Nous nous sommes donc retrouvés avec les clés d’un dépanneur », a raconté Mme Coughlin.

Pendant ce temps, l’idée d’aider les gens du quartier a commencé à prendre tout son sens alors que le dépanneur continuait à vendre les produits de consommation comme la bière et les cigarettes.

« L’idée, c’était d’accueillir les gens. Nous avons d’abord enlevé les barreaux dans les fenêtres. Nous avons continué à vendre de la bière et des cigarettes, pendant cinq ou six ans. Puis, nous nous sommes demandé si nous voulions vraiment vendre des cigarettes. Nous avons décidé de mettre l’accent sur la nourriture plus santé. Nous avons doublé l’espace en occupant l’ancien entrepôt de fruits et légumes juste à côté, et le garage derrière où on retrouve maintenant une cuisine quasi industrielle. Nous avons eu tellement d’aide de bénévoles, pendant toutes ces années. »

Un vrai « dépanneur »

Aujourd’hui, le « dépanneur » n’offre plus de produits sur les tablettes. Il propose plutôt des repas végétariens en semaine du mardi au vendredi, de même que des dîners servis et préparés sur place par des personnes ayant des déficiences intellectuelles. Le brunch est également servi le dimanche. Des spectacles mettant en vedette des artistes de la région sont présentés les samedis.

Ces soirées de méditation, de yoga, de même que des documentaires permettent d’animer les lieux les soirs de semaine.

De gauche à droite, Louise Boudrias, Maryse Gaudreault, Marcel Bertrand (bénévole), Michel Doyon (lieutenant-gouverneur général), Isabelle Miron et Colette Coughlin du Dépanneur Sylvestre.

Le groupe de bénévoles compte sur une vingtaine de personnes, nombre qui peut atteindre jusqu’à une cinquantaine par moment. Parmi eux, on retrouve des gens de tous les milieux, et de plusieurs coins de l’Outaouais.

« Le dépanneur offre du dépannage, dans le vrai sens du mot. Notre mission est l’inclusion sociale. Alors nous accueillons et aidons les gens à trouver une place. Ils peuvent contribuer de la façon que leur cœur leur en dit », explique Mme Coughlin.